Le Prix Handi-Livres 2017 décerné à Grand Corps Malade

Le 4 décembre dernier, le jury de la 12ème édition du Prix Handi-Livres a dévoilé son palmarès. En tout, sept livres étaient primés, dont une mention spéciale décernée au slameur Grand Corps Malade pour son livre Patients, réédité cette année pour la sortie du film du même nom, qu’il a inspiré.

Une initiative culturelle reconnue depuis 2005

C’est en 2005 que la Mutuelle Intégrance crée le Prix Handi-Livres. Son objectif : encourager les auteurs souffrant d’un handicap ou dont les écrits tournent autour de ces sujets. Bien plus, il s’agit de mettre en avant, auprès du grand public, un phénomène hélas peu connu, souvent fantasmé. Le handicap s’accompagne en effet de nombreux préjugés et peu sont les « valides » à savoir réellement ce que signifie vivre avec une infirmité.

Pour ces raisons, ce prix littéraire d’un nouveau genre vise à changer le regard de la société sur le handicap. Maisons d’éditions (Actes Sud, Seuil, L’Harmattan et Gallimard) mais aussi associations (Perce-Neige, Autisme France Diffusion…) soutiennent alors ce projet porteur d’espoir.

Prix Handi-livres : des messages d’espoir avant tout

Et porteur d’espoir, il l’est ! Les livres primés ont en effet ceci en commun qu’ils parlent tous du handicap avec humour ou attachement, sans aucune sensiblerie mais toujours avec un grand réalisme. Ce monde, à part, devient alors bien réel et se départit du caractère anxiogène que lui attribuent certains. De fait, bon nombre de livres primés sont des témoignages poignants qui décrivent très précisément le combat quotidien des personnes handicapées. On peut citer, par exemple, le « coup de cœur » de l’édition 2008/2009, décerné à Mamy Cacahuète, mère de Pascal Duquenne, pour son livre sur l’évolution de son fils (porteur de trisomie) suite au tournage du film Le Huitième Jour, qui l’a rendu célèbre.

Patients, le livre de Grand Corps Malade primé en 2017

Dans ce cadre, la « Mention spéciale » attribuée à Grand Corps Malade pour son livre Patients est toute naturelle. Dans ce récit, le slameur évoque l’épisode de sa vie qui l’a rendu tétraplégique. L’histoire ? Un plongeon malheureux dans une piscine mal remplie. Le résultat : un corps à ré-apprivoiser alors que le jeune homme n’a pas vingt ans. S’il récupère progressivement l’usage de ses membres, Fabien Marsaud (c’est son vrai nom) ne récupèrera pas sa vie d’auparavant. Mais loin de lui l’idée de s’apitoyer sur son sort, bien au contraire ! Certes, le regard des autres a évolué et il doit désormais apprendre à supporter la gêne et la compassion de ceux qui le rencontrent. Néanmoins, le sameur devenu auteur ne s’attarde pas sur cette souffrance : son livre reste optimiste et se concentre sur les belles rencontres et la progression du musicien.

Quant au reste du palmarès de cette édition, il n’est pas moins époustouflant ! On ne pourrait manquer de citer Le malaise d’Hippocrate, publié à titre posthume et rédigé par une femme de 48 ans, Marie Sey, atteinte de la maladie de Charcot. Outre l’histoire elle-même, les conditions de rédaction suffisent à expliquer le prix obtenu par ce livre : les dernières pages ont été dictées, lettres après lettre, par un simple clignement de cils !

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