Jeunes retraités : comment souscrire à une complémentaire santé adaptée

Le départ à la retraite est synonyme de temps pour soi, de loisirs et de réunions familiales. C’est également le moment d’assurer vos dépenses de santé. Découvrez quelques conseils afin de faire les bons choix pour la souscription de votre complémentaire santé.

La complémentaire santé pour les jeunes retraités : un choix délicat

Lorsqu’arrive le moment de la retraite, les dépenses de santé sont susceptibles d’augmenter. En effet les bilans divers, les dépistages variés et les équipements en prothèses et en appareillages se font de plus en plus fréquents à mesure qu’approche l’âge mur. L’objectif recherché est alors naturellement d’obtenir une couverture suffisamment large, pour un coût raisonnable. Or, cette quête illustre le paradoxe auquel se trouvent confrontés les jeunes retraités : d’une part le coût des dépenses santé augmente, alors que d’autre part le pouvoir d’achat est généralement amoindri. Ainsi, à titre d’illustration, les frais de santé atteignent en moyenne 6 000 € annuel pour les Français de plus de 65 ans. Dès lors, comment faire lorsqu’on bénéficie d’une petite retraite ?

Complémentaire santé : les garanties indispensables et les autres

Choisir parmi la multitude d’offres proposées sur le marché, c’est avant tout comparer les garanties incluses.

Parmi les garanties indispensables, assurez-vous d’être bien couvert par votre mutuelle sur l’hospitalisation et les équipements en prothèses diverses. En effet, le coût d’une hospitalisation peut vite être augmenté par les dépassements d’honoraires ainsi que par les frais de confort (chambre individuelle). Par ailleurs, la prise en charge par l’assurance maladie des équipements optiques, des prothèses dentaires et auditives est infime.

Au nombre des garanties avantageuses mais moins prioritaires, figurent la chirurgie réfractive des yeux, les médecines non conventionnelles (qi gong, balnéothérapie) ou bien encore l’hospitalisation à domicile.

Complémentaire santé et loi Évin : est-ce un bon choix ?

Depuis la loi Évin de 1989, les salariés pour lesquels l’entreprise a souscrit à un contrat santé collectif peuvent demander à en bénéficier à titre individuel, à leur départ en retraite. Les jeunes retraités pourront donc conserver les mêmes garanties dont ils bénéficiaient en tant que salariés, à la condition qu’ils en fassent la demande à l’assureur de la société au moins six mois avant la fin de leur contrat.

Si cette possibilité semble être un avantage, il convient de tempérer le propos : en effet, sachez que l’employeur ne paiera plus sa part des cotisations (à hauteur de 50% minimum). Par ailleurs, l’assureur est en droit d’augmenter le coût des cotisations initiales de 50%, ce qu’il ne se prive en général pas de faire. Ainsi, il est fort probable que le coût de cette mutuelle soit multiplié par trois pour les jeunes retraités. De quoi faire réfléchir à des solutions alternatives.

L’assurance collaborative : une alternative à la complémentaire santé

L’assurance collaborative prend ici la forme d’un fonds commun de protection, financé par les primes d’assurance d’une centaine de personnes (au maximum) et dont 80% des ressources iront en garantie du règlement de sinistres mineurs au sein du groupe d’assurés. Les 20% restants seront affectés à la souscription d’une assurance classique, qui couvrira les sinistres majeurs au cas où le fonds serait vidé de ses ressources prématurément. En s’appuyant sur la répartition du nombre d’assurés en groupes restreints et en gageant que cela réduise le caractère accidentogène de chacun d’eux, l’assurance collaborative permet aux assurés de récupérer une partie de leurs cotisations sous réserve que peu de sinistres soient survenus au cours de l’année.

L’assurance collaborative est une alternative qui permet aux jeunes retraités d’être couverts au juste prix, voire même de récupérer une partie de leurs primes. Ils ont la possibilité de suivre leurs dépenses en temps réel et de savoir à quoi sont affectées leurs cotisations : la traçabilité des ressources est donc assurée.

L’allocation aux adultes handicapés enfin revalorisée

L’allocation aux adultes handicapés est versée depuis 1975 aux adultes atteints d’un handicap ou, plus largement, d’une maladie chronique invalidante. Dernièrement, le gouvernement a annoncé la revalorisation de cette aide financière pour 2018.

Qu’est-ce que l’allocation adulte handicapé ou AAH ?

Créée assez récemment, « l’AAH est une aide financière qui permet d’assurer un minimum de ressources » peut-on lire sur le site www.service-public.fr. Elle est donc envisagée comme un complément de ressources plus que comme une compensation réelle de la difficulté à percevoir des revenus réguliers lorsqu’on est touché par un handicap.

Cette aide (versée mensuellement) est attribuée sous certaines conditions :

  • De ressources : une personne seule sans enfants doit toucher maximum 9 730,68€ par an, en 2017 ;
  • D’incapacité : le taux d’incapacité évalue l’impact du handicap sur la vie de la personne. Pour bénéficier de l’AAH, il doit être supérieur ou égal à 80%. Il est possible toutefois de percevoir cette allocation si le taux d’incapacité est compris entre 50 et 79% à condition que l’incapacité soit « durable » (c’est-à-dire supérieure à un an) et « substantielle » (c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être compensée par un aménagement de poste par exemple) ;
  • D’âge : l’adulte doit être âgé de plus de 20 ans, ou plus de 16 s’il n’est plus à la charge de ses parents ;
  • De résidence : les Français souhaitant percevoir l’AAH doivent résider en France de manière permanente.

Aujourd’hui, plus d’1 million de personnes bénéficient de l’AAH et son montant maximal s’élève à 810,89€ par mois. Des données qui devraient bientôt changer.

Quelles sont les conséquences de la revalorisation de l’AAH pour ceux qui en bénéficient ?

Le gouvernement a annoncé sa volonté de revaloriser l’AAH. Cette mesure s’appliquera en deux temps :

  1. Novembre 2018 : une première augmentation de 50€ est prévue ;
  2. Novembre 2019 : son montant sera augmenté de 40€.

Au total, le montant maximum devrait donc atteindre 900€ au 1er novembre 2019. De plus, 34 000 nouveaux allocataires devraient percevoir cette aide qui peut être cumulée avec le complément de ressources ou la majoration pour la vie autonome. Une bonne nouvelle donc.

Toutefois, cette hausse ne bénéficiera pas à tous car les titulaires de l’AAH qui sont en couple ne verront pas leur pouvoir d’achat revalorisé à la même mesure que les autres adultes handicapés. Jusque-là en effet, les conditions de revenu du conjoint de l’allocataire étaient moins contraignantes pour l’AAH que pour le RSA par exemple. En effet, un couple sans enfant devait percevoir des revenus annuels de 19 461,36€ maximum par an pour toucher l’AAH, soit 1 621,78€ par mois. A titre de comparaison, un couple sans enfant doit toucher maximum 1 816€ par mois pour percevoir le RSA. Or les conditions d’attribution de l’AAH vont désormais se rapprocher de celle des autres minima sociaux.

Autre aspect qui relativise cette mesure : de nombreux bénéficiaires militent pour que l’allocation soit au moins égale au seuil de pauvreté, soit 1 008€ en France.

Quels sont les exercices physiques dédiés aux personnes âgées?

Le sport n’est pas une pratique réservée à la jeunesse. Les personnes âgées peuvent s’adonner à une activité physique, appelée « gymnastique douce », utile dans un âge avancé pour préserver sa condition physique, sa santé, son indépendance mais aussi véritable thérapie gestuelle. Le corps est rétabli tout comme l’esprit !

La gym douce : un bienfait physique

La gymnastique douce permet aux séniors la pratique d’une activité physique qui leur est adaptée. Le vieillissement s’accompagne de troubles musculaires et articulaires, d’une perte d’équilibre, d’une fatigue importante et parfois d’une prise de poids. Si des précautions sont à prendre avant de pouvoir exercer un sport quel qu’il soit, la pratique régulière d’exercices physiques et respiratoires permet une préservation de sa condition physique, de sa santé mais aussi de maintenir une certaine autonomie.

Elle agit comme une véritable thérapie gestuelle fondée sur une stimulation cardio-respiratoire, des muscles et des articulations toujours en respectant la capacité physique de chacun. Le sport permettrait de ralentir la progression de certaines pathologies (hypertension, diabète, ostéoporose, cardio-vasculaire, cholestérol…), il diminuerait l’obésité, les risques de chute, le stress et entretiendrait la mobilité, la tonicité musculaire, la densité osseuse et la mémoire.

De plus, ces exercices favoriseraient un allongement de l’espérance de vie. D’après une étude de l’European Society of Cardiology menée sur 123 500 séniors pratiquant 15min d’activité physique par jour, le taux de mortalité se réduirait de 22%.

Un bien-être mental

Plus qu’ un maintien du corps et de la santé, la gymnastique douce est aussi une source de bien-être mental. Si une personne âgée retrouve un bien-être corporel, une motricité et une autonomie dans son quotidien grâce au sport, elle se sentira alors rassurée et retrouvera confiance quant à ses capacités. Le soulagement physique joue sur un soulagement mental. Les exercices aident à comprendre son corps pour mieux savoir le maîtriser et moins le redouter. L’idée de ne plus avoir d’emprise sur soi, du fait du vieillissement, s’élimine pour une nouvelle indépendance.

Mais le sport comme thérapie vient surtout d’une socialisation de ces séniors grâce à des activités physiques qui se pratiquent généralement en groupe. Lors de ces séances, les rencontres et les échanges sont donc favorisés permettant de combler une solitude tant redoutée des personnes âgées.

Séniors : quels sports pratiquer ?

Si pratiquer un sport est recommandé, tous les sports ne sont cependant pas tous praticables par des personnes âgées. Voici les sports les plus conseillés et les plus efficaces.

  • Les activités en plein air : golf, tir à l’arc, vélo, marche et marche nordique ;
  • Le Yoga : harmonisation du corps et de l’esprit ;
  • Le Tai Chi Chuan : art martial pour maintenir l’équilibre et sa souplesse ;
  • Le Qi Gong : gymnastique chinoise sur l’énergie vitale ;
  • Le Pilate : gym douce au sol ;
  • L’Aquagym : gym dans l’eau diminuant le poids du corps pour plus de facilité.

Ces sports apportent un bienfait physique et mental différent. Combiner deux sports par semaine est une solution pour un effet complet sur le corps et l’esprit.

Cette famille : une plateforme pour recevoir des seniors chez soi

Pour les créateurs de cette plateforme en ligne, la solidarité intergénérationnelle n’est pas un concept abstrait mais bien une réalité tangible. Des hôtes soigneusement sélectionnés garantissent un accueil au cœur duquel la bienveillance et l’affection sont essentiels. Explications :

Accueil familial et solidarité intergénérationnelle

CetteFamille est une plateforme en ligne dont l’objectif est d’offrir aux personnes âgées une alternative d’accueil aux maisons de retraite. Ces dernières sont en effet régulièrement surchargées, les places y sont (littéralement) chères et la satisfaction des pensionnaires pas forcément toujours au rendez-vous. CetteFamille fait donc le lien entre des personnes âgées en demande d’hébergement et des familles d’accueil qui, sur la base d’une rémunération, les reçoivent chez elles de façon temporaire (quelques semaines, plusieurs mois) ou permanente. Le coût pour le pensionnaire est moindre que celui d’une maison de retraite médicalisée : de l’ordre de 1 500 à 2 000 euros par mois, sachant que l’accueil familial bénéficie des mêmes aides que l’accueil en maison de retraite (APA, APL, Aide sociale et réduction d’impôt).

Quel profil pour les hôtes sélectionnés par CetteFamille ?

Les personnes qui accueillent sont des professionnels aguerris aux soins médicaux (aides-soignants en retraite ou anciens auxiliaires de vie, infirmiers), qui apprécient de prendre soin des personnes âgées. Selon Agathe Pommery, qui est à l’origine de la plateforme, il s’agit souvent de « femmes d’une cinquantaine d’années dont les enfants sont partis et dont le mari travaille encore ». L’accueil d’une personne « leur permet de travailler tout en restant à la maison » : une solution qui remplit donc les besoins aussi bien des pensionnaires que des hôtes. Sur la base d’un contrat de gré à gré signé entre le pensionnaire et son hôte, les services pourvus par l’accueillant incluent notamment la préparation des repas, la blanchisserie, le ménage, un peu de secrétariat administratif ou bien encore l’organisation de divertissements adaptés à l’état de santé des personnes.

La qualité de la relation humaine placée au cœur de l’accueil

Lancé en juin 2016, CetteFamille est le projet d’Agathe Pommery et de Paul Alexis. Après avoir constaté qu’il existait des familles d’accueil pour personnes âgées ou handicapées sur le site Le Bon Coin, Agathe a pris la décision de créer une solution entièrement dédiée à cette nouvelle forme de solidarité. Certes, les familles sont rémunérées pour ce service rendu mais CetteFamille insiste sur la qualité de la relation humaine qui se développera entre la famille d’accueil et le pensionnaire. Les interactions et l’affection sont les valeurs humaines placées au cœur de ce projet. Du reste, l’atout différenciant de CetteFamille est l’accent mis sur la sélection des familles et sur l’accompagnement pendant la transition entre l’ancien et le nouveau lieu d’hébergement. Le niveau de confort  est également un point d’importance, quel que soit l’état de santé de la personne accueillie. CetteFamille évalue avant toute chose la situation de santé et de dépendance de la personne âgée afin de déterminer où la placer en fonction de l’architecture de la maison (est-elle de plain-pied ou possède-t-elle des étages ? La personne aura-t-elle une salle de bain indépendante ou non ?). Quoi qu’il en soit la personne accueillie sera toujours installée dans une ambiance agréable et dans des conditions de bien-être optimales : exactement comme un membre de la famille à part entière.

Un exosquelette pour empêcher les personnes fragiles de tomber

Chez les personnes âgées de plus de 65 ans, les chutes représentent la première cause de décès accidentel. Un constat qui ne serait bientôt plus d’actualité grâce à un prototype d’exosquelette capable de prévenir les chutes et de rétablir l’équilibre.

Une équipe de scientifiques met au point un exosquelette capable de détecter les chutes

Une équipe de scientifiques et d’ingénieurs de la Scuola Sant’Anna et de l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) a mis au point un prototype d’exosquelette à détection de mouvements, capable de compenser en temps réel les effets d’un déséquilibre et de restaurer la stabilité de l’utilisateur. Par quel moyen ? En générant des contre-mesures au niveau des hanches, qui remettent l’utilisateur sur le « droit chemin ». Spécifiquement conçu pour les personnes âgées, ce prototype est particulièrement innovant. Cette innovation à la portée médicale incontestable est la seconde réalisation médiatisée à inscrire au crédit du professeur Micera et de son équipe, puisqu’ils ont déjà mis au point en 2014 une main bionique capable de retransmettre le sens du toucher à un homme amputé de la main.

L’exosquelette : une technologie biomécanique inspirée… des invertébrés

Depuis qu’ils sont apparus pour la première fois dans l’imagination enfiévrée des auteurs de science-fiction des années 50, les exosquelettes ont fait du chemin. Ces équipements biomécaniques désormais très perfectionnés consistent à apposer sur le corps humain une structure mécanique qui vient en renfort du corps. Le but ? Corriger ses défaillances et améliorer ses performances. Ce dernier point intéresse d’ailleurs particulièrement les armées, qui y voient le moyen d’assister leurs soldats dans l’effort fourni sur le terrain et de décupler leurs forces. Véritable incarnation du transhumanisme, l’exosquelette est pourtant directement inspiré des invertébrés : ils sont en effet nombreux – des crustacés aux mollusques, en passant par les insectes – à porter leur squelette « à l’extérieur ». Ainsi munis de leur épaisse carapace, leurs organes les plus fragiles sont contenus et protégés des chocs et des dangers extérieurs.

L’exosquelette à usage médical, une aide précieuse à l’autonomie des personnes fragilisées

La plupart des exosquelettes à usage médical sont encore à l’état de prototypes. Leurs performances n’en sont pas moins épatantes : ultralégers, munis de capteurs en mesure de lire les impulsions électriques nerveuses, ils enveloppent le corps sans l’alourdir. De quoi soulever de nombreux espoirs quant à leur usage en faveur de personnes handicapées ou à l’autonomie réduite. Un projet d’exosquelette robotisé ambitionne d’ailleurs de permettre aux personnes tétraplégiques de remarcher par la seule force de la pensée : un implant situé à l’arrière de la tête jouerait le rôle d’une interface entre le cerveau et la machine et permettrait de déclencher les mouvements des membres. Néanmoins, comme pour l’exosquelette des scientifiques de la Scuola Sant’Anna et de l’EPFL, le projet n’en est qu’à ses balbutiements : l’annonce spectaculaire est donc à prendre avec prudence.

La technologie de l’exosquelette est également exploitée à des fins collaboratives : les « cobots » se préparent à investir le monde professionnel pour soulager les hommes dans la pénibilité de certaines tâches.

L’évolution des prothèses : vers une meilleure prise en compte du handicap ?

Interne ou externe, la prothèse vise à se substituer à un organe ou à un membre du corps amputé ou manquant. Contrairement aux orthèses (béquilles, cannes, déambulateurs…), elle ne corrige pas une fonction déficiente mais la remplace bel et bien. Depuis son apparition, elle n’a cessé d’être améliorée pour répondre de mieux en mieux aux besoins des personnes handicapées.

Les prothèses, une histoire vieille comme le monde… ou presque

Les prothèses, ces dispositifs visant à remplacer une partie du corps afin d’en assurer la fonction, n’ont rien de nouveau. Le moins que l’on puisse dire, même, c’est qu’elles ne datent pas d’hier ! En effet, les premières que l’on a retrouvées remontent à l’Antiquité. Une momie égyptienne, morte il y a près de 3 000 ans, porte ainsi une prothèse en bois en remplacement d’un orteil. Et on sait que les Grecs et les Romains en fabriquaient eux aussi.

Les premiers modèles étaient très lourds et difficiles à manier et ce n’est qu’à partir du Moyen Âge et de la Renaissance que les chercheurs ont développé des techniques plus confortables. Ambroise Paré est ainsi connu pour sa contribution en la matière.

Du bois à la fibre de carbone, vers l’amélioration des prothèses

Suite aux guerres du XXème siècle, le nombre de mutilés et d’amputés a augmenté et, avec lui, le nombre de prothèses. Dans ce contexte, on a pu noter de grands progrès dans le domaine prothétique. Des améliorations en termes de confort mais aussi de fonctionnalités ont ainsi vu le jour. Le bois et le fer ont ainsi été remplacés par la fibre de carbone, rendant l’appareillage plus léger.

En parallèle, ont été inventés des systèmes d’articulations notamment comme le genou hydraulique, rendant le mouvement plus naturel. L’idée est donc de supprimer totalement la gêne entraînée par le handicap. De fait, avec l’apparition des prothèses intelligentes, les fonctions organiques sont de mieux en mieux assurées par l’appareil et la frontière entre l’humain et l’artificiel tend à être abolie.

Les prothèses bioniques et l’homme amélioré : la fin du handicap ?

Les progrès technologiques et numériques ainsi que la recherche neurologique permettent également une amélioration dans le domaine prothétique. Ainsi, il est de plus en plus possible de contrôler les prothèses par la pensée, grâce à l’ajout d’électrodes et la connexion à un ordinateur. Ainsi, récemment, un homme tétraplégique a pu utiliser à nouveau ses bras et mains.

Peut-on pour autant espérer la fin du handicap ? Il est encore trop tôt pour se prononcer. Néanmoins, on remarque une autre tendance, conséquente de ces améliorations : l’homme est de plus en plus « augmenté » et il est possible que les prothèses finissent, à terme, par remplacer des membres qui ne souffraient, initialement, d’aucun handicap, poussant ainsi l’homme au maximum de ses capacités.

 

Apprendre une langue étrangère est bon pour lutter contre Alzheimer

Une étude publiée récemment par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie dans le Journal of Neurolinguistics confirme ce que d’autres études plus anciennes avaient déjà pressenti : apprendre et pratiquer une langue étrangère auraient une incidence favorable sur la santé du cerveau humain. Un impact tellement positif, qu’il pourrait même retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Des cours de chinois pour mettre en évidence la neuroplasticité

Qu’entend-t-on par neuroplasticité ? Il s’agit de la capacité du cerveau à se modifier et à se réorganiser afin de traiter des informations nouvellement acquises. Le cerveau va jusqu’à créer de nouveaux réseaux neuronaux et à les interconnecter : à l’instar d’un muscle, il grossit et grandit par l’absorption d’énergie (en l’occurrence des connaissances nouvelles).

Comment les chercheurs ont-ils fait le lien entre neuroplasticité et apprentissage des langues ? En observant les progrès de 39 sujets d’études, anglophones de naissance et soumis à un apprentissage rudimentaire du chinois sur une période de six semaines. Avant et après chaque cours dispensé, des examens IRM ont été réalisés sur chacun des participants afin d’établir une cartographie neuronale de l’apprentissage. Résultat : le cerveau des étudiants les plus efficients s’est avéré avoir développé des réseaux neuronaux tout neufs. Par ailleurs, les réseaux neuronaux de ces étudiants étaient mieux interconnectés que ceux de leurs camarades présentant des difficultés d’apprentissage.

Les mécanismes de l’apprentissage et l’acquisition de connaissances nouvelles se traduisent donc par le développement de nouveaux réseaux neuronaux et par le renforcement des connexions établies entre ces neurones.

La mémoire, au centre de l’apprentissage des langues

Du point de vue cérébral, deux aires jouent un rôle prépondérant dans l’apprentissage d’une langue étrangère : l’aire de Wernicke, qui favorise l’apprentissage et l’aire de Broca qui permet l’expression orale de cet apprentissage.

La mémoire qui permet au cerveau d’assimiler l’apprentissage d’une nouvelle langue est qualifiée de mémoire sémantique. C’est elle qui constitue le répertoire lexical dans l’aire de Wernicke, répertoire qui permet au cerveau de reconnaître des mots même s’ils sont articulés avec un accent inhabituel ou si leur prononciation est inexacte. Le répertoire lexical situé dans l’aire de Wernicke peut être complété de nouveaux mots et ce, de manière illimitée, à condition d’être régulièrement sollicité et exploité.

Apprendre et pratiquer une langue étrangère afin de retarder la neuro-dégénérescence

Une étude canadienne de 2007 avait déjà révélé le lien entre la pratique d’une langue étrangère et le ralentissement de la dégénérescence cérébrale. L’étude avait suivi l’évolution de la maladie d’Alzheimer chez 148 patients d’une clinique de Toronto. Bien que située dans une province anglophone, la ville est réputée pour son bilinguisme avec plus de 10% d’habitants francophones. L’étude avait démontré que chez les patients ayant pratiqué deux langues couramment toute leur vie durant, la maladie avait mis quatre ans à se déclarer contre quelques mois chez les autres.

A la façon d’un cercle vertueux, plus l’être humain apprend et pratique une langue, plus il entretient sa santé cérébrale, retardant ainsi la maladie d’Alzheimer.

Qu’est-ce que la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement?

Selon les projections de population pour la France métropolitaine à l’horizon 2050 (INSEE), un habitant sur trois sera âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005. De quoi justifier l’adoption d’une loi pour ajuster la société à une population vieillissante.

Promulguée le 28 décembre 2015 et mise en œuvre dès septembre 2016, la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (dite loi ASV) repose sur trois piliers fondamentaux.

Anticiper la perte d’autonomie des personnes âgées

A l’heure où 57% des Français craignent de perdre leur autonomie en vieillissant, la loi ASV prévoit d’organiser dans chaque département une « conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie » rassemblant les différentes institutions concernées par le phénomène de la dépendance : les caisses de retraite, l’agence nationale de l’habitat (ANAH) et les organismes régis par le code de la Mutualité. Le but de ces conférences est de faciliter le financement des actions publiques de prévention et de lutte contre l’isolement. Surtout, la loi réforme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), une subvention destinée à financer les dépenses nécessaires au maintien à domicile des personnes âgées. Ainsi les paliers de la grille AGGIR, qui permettent d’évaluer le degré de dépendance du demandeur d’une APA, sont revalorisés et la contribution financière des bénéficiaires est amoindrie.

Adapter la société dans son ensemble au vieillissement de la population

Cela passe, d’un côté, par la reconnaissance du statut de proche aidant et, d’autre part, par une réaffirmation des droits et libertés des personnes âgées. Concrètement, la loi reconnaît pleinement le statut de proche aidant aux conjoints, partenaires pacsés, parents ou alliés d’une personne âgée dépendante. Dès lors, cet aidant peut bénéficier d’un congé de trois mois renouvelables (qu’il peut fractionner ou aménager en temps partiel) si sa présence est indispensable au maintien dans son domicile de la personne bénéficiant de l’APA. Par ailleurs, le proche aidant peut profiter d’un droit au répit : il s’agit de l’allocation d’une somme (pouvant atteindre jusqu’à 500€) permettant de placer temporairement la personne aidée en établissement spécialisé ou de faire appel à un relais à domicile afin de prendre du repos et de se dégager du temps pour soi. Quant à la réaffirmation des droits et libertés, la loi consacre la désignation d’une personne de confiance afin d’assister les personnes âgées dans la compréhension de leurs droits lorsqu’elles s’établissent dans des établissements médico-sociaux. Dans cet esprit de protection, la loi verrouille encore davantage la procédure d’acceptation du contrat de séjour en hébergement médico-social. Enfin elle met en place un mandat de protection future, permettant de désigner à l’avance une personne de confiance en cas de perte d’autonomie ou de sénilité aggravée.

Accompagner les personnes en perte d’autonomie

Il n’est pas rare qu’une personne en perte d’autonomie intègre un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La loi contraint ces établissements – qu’ils soient privés ou publics – à afficher clairement les prix pratiqués pour un socle de prestations minimales comprenant l’administration générale, l’accueil hôtelier, la restauration, le blanchissage et l’animation de la vie sociale. Les EHPAD ont par ailleurs l’obligation de faire mention des tarifs dépendance fixés par les conseils départementaux. Le non-respect de ces obligations est passible de sanctions.

Pour finir sachez que l’accompagnement des personnes dépendantes est financé par un effort collectif via la contribution de solidarité pour l’autonomie (CASA) prélevée à hauteur de 0,3% sur les revenus (bruts) des retraites, pensions d’invalidité et allocation de préretraites.

Sources

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1280826

http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/choisir-un-hebergement/vivre-dans-un-etablissement-medicalise/comprendre-sa-facture-en-ehpad

http://www.previssima.fr/dossier/les-5-mesures-phares-de-la-loi-sur-le-vieillissement.html

http://www.gouvernement.fr/action/l-adaptation-de-la-societe-au-vieillissement

La Tango-thérapie pour lutter contre Parkinson

En Argentine, le tango est plus qu’une danse sensuelle et cadencée, c’est un hymne à la vie. C’est bien pourquoi sa pratique au sein de l’unité gériatrique de l’Hôpital universitaire de Buenos Aires n’a rien de surprenant : il permet aux patients atteints de la maladie de Parkinson d’alléger leurs souffrances. Entrez dans la danse de la tango-thérapie !

Une danse adaptée aux troubles moteurs

Le tango est une danse qui requiert l’exécution de pas de différentes tailles, en avant puis en arrière, mais également de tours et de demi-tours : pour ainsi dire, tous les mouvements rendus difficiles par la maladie de Parkinson. Les personnes atteintes par cette maladie neurodégénérative ont en effet du mal à effectuer des mouvements dits « automatiques » tels que se tenir droit ou effectuer des tours sur eux-mêmes. Leur motricité alterne souvent entre rigidité subite et tremblements incontrôlables. Or tout se passe comme si la musique rythmée débloquait les mouvements dans le cerveau des patients, agissant à la manière d’un stimulateur externe. Selon une étude menée par les chercheurs de la Washington University in St. Louis (Missouri, USA), le tango favoriserait un meilleur équilibre et une bonne coordination chez les patients atteints de Parkinson.

L’Hôpital universitaire de Buenos Aires est le pionnier de la tango-thérapie mais cette discipline gagne de plus en plus d’hôpitaux dans le monde, notamment en France. Les unités gériatriques s’appuient sur cette danse douce et accessible à tous pour prévenir les chutes chez leurs patients et entretenir leur motricité.

Les multiples bénéfices du tango sur la santé

Le but de la tango-thérapie n’est pas de soigner la maladie de Parkinson, pour laquelle il n’existe pas pour le moment de traitement curatif. Néanmoins, la prise en charge médicale de cette maladie permet d’en corriger les symptômes et d’améliorer la vie quotidienne des patients qui en sont atteints. La tango-thérapie est un outil de plus pour traiter cette maladie. Elle contribue à freiner sa progression grâce à la pratique de mouvements répétés et elle positionne le patient dans une démarche d’ouverture : le cours de tango devient alors un rendez-vous avec soi et avec l’autre, un lien social que la maladie a parfois contribué à rompre. La musique n’est pas anodine non plus dans le traitement de Parkinson : elle stimule les zones « émotionnelles » du cerveau qui contribueraient à court-circuiter les cellules endommagées et à rendre le mouvement plus facile.

D’un point de vue plus global, le système cardio-vasculaire bénéficie lui aussi grandement de la thérapie : pratiquer le tango régulièrement muscle le cœur, abaisse la pression artérielle et ralentit le pouls. Les mauvaises graisses et autres tri glycérines sont mieux évacuées et les risques d’accidents cardio-vasculaires s’en trouvent réduits.

Bouger son corps pour soigner sa tête

La tango thérapie s’étend également au domaine psychologique où elle permet d’améliorer les difficultés relationnelles. Le tango amène à enlacer le partenaire ce qui favoriserait la production d’ocytocine, surnommée « hormone de l’amour ». D’ailleurs la tango-thérapie est utilisée dans le traitement de différentes psychoses mais également afin de pallier les difficultés d’isolement que peuvent rencontrer les personnes retraités.

Un registre public d’accessibilité bientôt disponible dans les établissements recevant du public

Prévue par décret pour le 30 septembre 2017, la mise à disposition d’un registre public d’accessibilité dans les EPR devrait étendre plus loin encore la protection des règles relatives à la santé du public. En effet ce registre, consultable sur place ou en version numérique, permettra de connaître l’ensemble des dispositions prises par l’établissement pour faciliter l’accès aux prestations qu’il propose.

Qu’est ce qu’un établissement recevant du public (ERP) ?

La dénomination d’établissement recevant du public (ou ERP) recouvre une réalité qui nous est quotidienne. Pourtant, peu de gens savent que lorsqu’ils se rendent dans un commerce, au cinéma, ou au restaurant, ils pénètrent dans un ERP. Défini à l’article R123-2 du Code de la construction et de l’habitation, le terme d’établissement recevant du public désigne les bâtiments dans lesquels des personnes de l’extérieur sont accueillies, peu importe que l’établissement soit public, privé, que son accès soit payant ou gratuit.

Le souci du droit français de légiférer sur ce type d’établissements permet d’y appliquer une réglementation stricte afin de garantir la sécurité de ses occupants. Ainsi ces établissements doivent être conçus de façon à circonscrire les risques d’incendie mais également à évacuer les occupants en toute sécurité et à permettre une prise en charge rapide par les secours.

A savoir que les ERP sont classés en catégories (1 à 5), déterminées en fonction de la capacité d’accueil de l’établissement, qui viennent encadrer les impératifs réglementaires applicables.

A la rentrée 2017, les ERP mieux adaptés aux personnes souffrant de handicap

L’élargissement de la loi intéresse notamment au plus près les personnes souffrant de handicap pour trois raisons. Ces dernières pourront être informées de la totalité des prestations fournies par l’établissement. Par ailleurs elles pourront désormais accéder à la liste exhaustive des pièces administratives et techniques relatives à l’accessibilité du bâtiment. Elles pourront enfin connaître la teneur des formations dispensées aux hôtes d’accueil pour les préparer à recevoir des personnes atteintes de handicap.

Par ailleurs, dans le cas d’ERP situés dans un cadre bâti (au contraire d’un restaurant situé sur une péniche, ou d’un établissement établi sous un chapiteau ou dans une structure gonflable) l’architecture doit permettre aux personnes atteintes de handicap d’accéder, de circuler et de jouir des prestations proposées sans difficultés. Ces bâtiments ont également l’obligation de diffuser les informations qui leur sont relatives par des moyens adaptés aux différents handicaps.

Un outil actualisé et accessible

Bien entendu ce registre devra être tenu à jour de manière régulière. En toute logique, il reviendra à l’exploitant de l’ERP de l’élaborer et de le mettre à disposition – physique et numérique – du public. Un dernier arrêté reste à venir, qui viendra préciser le contenu et les modalités du registre d’accessibilité en fonction du type d’ERP et de la catégorie dans laquelle il s’inscrit (en marquant une distinction entre les catégories 1 à 4 d’une part et la catégorie 5 d’autre part.).

A noter que dans le cas spécifique des points d’arrêt des services de transport collectif (qui relève du régime des établissements recevant du public) le registre pourra porter sur l’ensemble d’une ligne ou sur la totalité d’un réseau.

Un nouveau logiciel pour lutter contre la maladie de Parkinson

Taper sur un clavier d’ordinateur est désormais devenu un geste du quotidien pour de nombreuses personnes. Et si la saisie informatique permettait d’effectuer un diagnostic précoce de la maladie de Parkinson ? Grâce aux progrès accomplis par la recherche algorithmique c’est désormais le cas. Explications :

Une avancée technologique majeure

Des chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT) ont abouti à la création d’un algorithme permettant d’analyser la saisie d’un texte sur le clavier et de repérer les variations de rythmes, de vitesse et de pression des doigts sur les touches. Une étude a ainsi été menée, impliquant une vingtaine de participants volontaires dont une partie souffrant de la maladie de Parkinson. Une fraction d’entre eux a pris part à l’expérience de jour, en tapant un texte sur des ordinateurs  ayant été préalablement équipés du logiciel expérimental. L’autre partie a dû se plier à ce même exercice de nuit, après avoir été privée de sommeil. Il ressort de ces expériences que, d’une part la qualité de frappe varie selon que les participants sont reposés ou non et, d’autre part, qu’il existe une nette variation entre la façon de taper des personnes malades et celle des personnes saines. Ces dernières ont un rythme constant alors que les personnes souffrant de Parkinson ont un rythme inégal et très hétérogène. C’est précisément au regard de ces variations, parfois infimes, qu’il devient possible d’identifier un pattern de frappe typique d’une personne souffrant de la maladie de Parkinson et dont les fonctions motrices se dégradent.

Les troubles de l’écriture, symptôme révélateur de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative chronique et évolutive qui, à ce jour, n’est pas encore curable. Elle se manifeste par un certains nombre de troubles tels qu’un ralentissement des mouvements, des tremblements « de repos » (lorsque la partie du corps saisie de contractions n’est pourtant sollicitée par aucun mouvement) ou bien encore par une rigidité des membres. Les neurones chargés de produire la dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans plusieurs processus neurologiques dont la motricité, cessent progressivement de fonctionner. Et l’écriture s’en ressent vite, devenant de plus en plus petite jusqu’à être difficilement lisible. Les troubles de l’écriture constituent donc l’un des symptômes annonciateurs de la maladie, c’est pourquoi la détection précoce de la détérioration motrice par l’écriture est cruciale. Elle permet de prendre en charge la maladie à temps pour en ralentir la progression.

Prochain objectif : distinguer Parkinson d’autres pathologies

Les troubles de l’écriture ne sont pas seulement annonciateurs de la maladie de Parkinson. Ils peuvent également être associés à diverses pathologies plus bénignes comme l’arthrose ou, tout simplement, la fatigue. C’est pourquoi les chercheurs du MIT ont l’ambition d’améliorer leur algorithme pour qu’il puisse différencier avec précision les différentes pathologies possibles.

Un nouvel implant cérébral pour lutter contre la maladie de Parkinson

Intervenir directement dans le cerveau sans porter atteinte aux circuits neuronaux dans l’objectif de restaurer des fonctions cognitives endommagées : tel est le résultat obtenu par le Graphene Flagship, le plus gros module européen de recherches scientifiques sur le graphène.

Un matériau miracle pour une prouesse médicale inédite

Abondamment qualifié de matériau miracle par certains médias, le graphène possède des caractéristiques insolites et inégalables qui en font un allié précieux pour de nombreux secteurs de l’industrie dont le photovoltaïque, la purification de l’eau et les semi-conducteurs. Il s’agit concrètement d’un nano matériau composé de carbone pur se présentant sous la forme d’un minuscule treillis alvéolaire qui, à l’œil humain, apparaît comme une feuille transparente ultrafine. Il est extrêmement solide et souple à la fois et c’est également un excellent conducteur électrique. En somme, des propriétés en totale adéquation avec la neurochirurgie de pointe et la recherche médicale sur les maladies neurodégénératives. La raison ? Bénéficiant d’une excellente conductivité il se révèle capable de se « connecter » aux neurones endommagés – telle une électrode – et de leur impulser via un ordinateur les stimuli électriques nécessaires pour restaurer leur fonction de transmetteurs vers les différents muscles. Et c’est à une équipe de scientifiques rassemblée sous la bannière du Graphene Flagship que revient la prouesse d’avoir réussi là ou bien d’autres avaient échoué : l’installation de graphène sur des neurones de cerveau de rat, sans que les tissus cérébraux ne soient endommagés.

Des précédents insatisfaisants

Des expériences similaires avaient déjà été tentées par le passé, sans qu’elles ne permettent d’obtenir des résultats aussi satisfaisants. L’une d’elle avait employé le graphène sous une forme modifiée. Traité avec un enrobé de peptides (des molécules sécrétées par les neurones) pour faciliter la prise sur le tissu cérébral, il n’avait que partiellement conduit le signal électrique. Par ailleurs des essais avaient été menés à l’aide de tungstène ou de silicium mais la rigidité de ces matériaux avaient vite conduit à une perte partielle, puis totale, du signal électrique. Il apparaît avec la tentative réussie des scientifiques du Graphene Flagship que seul le graphène pur permet une conductivité électrique optimale.

Un usage propice au traitement de plusieurs pathologies

Les désordres moteurs engendrés par la maladie de Parkinson ou bien encore par la paralysie et l’épilepsie auront-ils bientôt vocation à être contrôlés par ceux qui en souffrent ? La biocompatibilité du graphène en fait l’intermédiaire idéal entre le corps humain et les programmes informatiques spécifiques capables d’impulser des ondes électriques traduites en mouvements par le cerveau. Il pourrait même être utilisé de la même façon pour le bénéfice de personnes amputées qui contrôleraient ainsi un bras robotique ou qui pourraient « parler » par le truchement d’un ordinateur.

Il convient néanmoins de nuancer cet enthousiasme car le chemin est encore long pour les chercheurs. Ils doivent notamment déterminer à présent les effets biologiques des implants de graphène à long terme dans l’organisme.

Le Sport adapté : des activités pour les personnes touchées par le handicap mental et psychique

Au-delà des multiples effets bénéfiques de la pratique du sport sur la santé physique, la pratique d’un sport adapté ouvre de nouveaux horizons aux personnes atteintes d’un handicap intellectuel. Il est acquis que ces personnes ont besoin d’une activité dont les règles sont adaptées à leur compréhension. Néanmoins l’impact de l’activité pratiquée est aussi fonction de deux facteurs : la nature du handicap mental ou psychique et, bien sûr, la nature du sport lui-même. Petit aperçu de quelques sports adaptés et de leurs bienfaits respectifs.

Les critères à prendre en compte dans le choix d’un sport adapté

Bien entendu, le premier de tous les critères est celui de la motivation. Le désir de la personne à pratiquer un sport plutôt qu’un autre est un argument indiscutable. Par ailleurs des éléments plus spécifiques à la situation de handicap mental sont également à considérer : le degré du handicap (et les pathologies qui peuvent y être associées), la maturité psychomotrice de l’individu et le but recherché par la pratique (développer des réflexes, se sociabiliser, maîtriser ses impulsions, développer l’estime de soi…)

Quels sports adaptés pour quels résultats ?

La gymnastique

Elle permet d’affiner la coordination et de développer l’équilibre. Il existe des cours de gymnastique douce adaptée aux enfants souffrant du syndrome de Down (trisomie 21). Ces derniers ont tendance à avoir des problèmes de tonicité musculaire et la pratique de la gymnastique peut aider à renforcer leurs muscles.

L’équitation

L’animal devient un véritable partenaire thérapeutique en ce qu’il permet de développer adresse et équilibre sur la base d’une interaction non verbale. Ce sport convient particulièrement bien aux personnes atteintes d’autisme, de trisomie mais également aux personnes souffrant de dépression.

La natation

Cette discipline permet de travailler la conscience du corps dans l’espace et la coordination des mouvements. Elle est adaptée aux personnes atteintes du syndrome de Prader-Willi mais également aux personnes trisomiques.

L’escalade

C’est une discipline qui permet de développer la psychomotricité : latéralisation, concentration, et confiance en soi. Par ailleurs elle permet d’apprendre à s’orienter dans un autre rapport à la pesanteur. Elle est adaptée aux personnes souffrant d’autisme, du syndrome de Down, ou encore de troubles de la coordination.

Les arts martiaux

Ils permettent de percevoir son propre corps (ses capacités et ses limites) grâce au contact direct avec le corps de l’autre. La situation de face à face développe également une meilleure prise de conscience de l’altérité (« l’autre » répond aux stimuli que l’on dirige vers lui). Ces disciplines peuvent convenir aux personnes atteintes d’autisme ou de trisomie.

Handisport et sport adapté, quelles différences ?

Le handisport regroupe les sports dont le matériel nécessaire à leur pratique a été aménagé aux personnes souffrant de handicaps physiques ou sensoriels. Le sport adapté quant à lui, étend son application aux personnes atteintes de handicaps intellectuels pour lesquelles une explication de la pratique doit être adaptée.

Handicap : comment aménager son auto ?

Afin de permettre aux personnes atteintes de handicap de se déplacer en toute autonomie, il est possible d’aménager une automobile. Il existe une grande quantité d’aménagements possibles (accélération, freinage, guidage) qui apportent une solution adaptée aux différents handicaps. Compte tenu de l’importance des frais engagés, la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) prend en charge une partie ou la totalité des dépenses sous certaines conditions. Elle rembourse également les surcoûts engendrés par certains types de trajets.

Les aménagements réalisables sur une automobile

Des aménagements spécifiques pour accueillir une personne handicapée peuvent être réalisés dans un véhicule professionnel ou de tourisme. Selon les cas il sera possible :

  • D’inverser la pédale et de la placer à gauche ;
  • D’abaisser le plancher afin de permettre de conduire assis dans un fauteuil roulant ;
  • D’installer un accélérateur manuel, fixé sur le volant. Ce dispositif de forme circulaire et qui entoure le volant permet l’accélération par une simple pression de la main ;
  • D’installer un autre type d’accélérateur par levier combiné qui permet d’accélérer mais également de freiner ;
  • De mettre en place un accélérateur satellitaire, fixé au poignet et qui permet de contrôler la vitesse du véhicule par une simple pression du doigt sur une gâchette pour un résultat d’une grande précision ;
  • De rehausser les pédales ;
  • D’aménager une aide à la conduite pour les personnes hémiplégiques (par le biais d’une télécommande radio) ;
  • D’aménager un système de conduite aux pieds, pour les personnes qui n’ont pas l’usage de leurs bras.

Une aide financière pour aménager son auto

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) est versée par les préfectures afin de rembourser les frais engagés par la perte d’autonomie d’une personne atteinte de handicap. Elle permet notamment une prise en charge des frais destinés à l’aménagement du véhicule utilisé par la personne dans son quotidien, aussi bien comme conducteur que comme passager. L’allocation de cette prestation permet d’assumer les frais à l’aménagement du poste de conduite et une part importante des frais liés à l’aménagement d’un habitacle pour pouvoir voyager directement en fauteuil roulant.

Elle peut également rembourser les surcoûts liés aux trajets effectués dans certaines conditions.

Cette aide financière s’élève à un montant maximum de 5 000€ pour l’aménagement d’une auto et peut être renouvelée tous les cinq ans. 100% du coût des travaux engendrés seront pris en charge s’ils ne dépassent pas la somme de 1 500€. En revanche si cette somme est dépassée, elle sera remboursée à 75%.

Quant aux surcoûts engendrés par certains trajets (trajets réguliers, départs en congés, déplacement entre le domicile de la personne et l’hôpital effectué par un tiers ou sur une distance aller-retour supérieure à 50 km), ils sont également pris en charge, à hauteur de 12 000€ maximum pour des trajets effectués en voiture particulière et de 5 000€ pour des trajets effectués à l’aide d’autres moyens de transport.

Paupiette, le site qui met en relation jeunes et seniors

Combler le fossé des générations par la loi de l’offre et de la demande ? C’est le pari d’Enora Goulard, fondatrice de la startup solidaire Paupiette qui a pour but de mettre en relation étudiants et personnes âgées le temps d’un déjeuner. Le principe est le suivant : les séniors préparent un déjeuner équilibré à des étudiants qui ont peu de moyens mais le goût des aliments sains. Et ceux-ci viennent combler une solitude devenue parfois trop lourde à porter.

Paupiette : coup de pouce et coup de fourchette

Paupiette, dont le nom fleure bon la cuisine d’antan, est une plateforme qui rapproche deux générations a priori éloignées l’une de l’autre. La startup permet à des personnes retraitées d’organiser et de préparer un déjeuner chez elles, auquel des étudiants peuvent s’inscrire moyennant une petite participation financière. Ces derniers se déplacent chez la personne qui cuisine et lui reversent une participation de 4€ pour un plat unique ou de 7€ pour un menu entrée-plat-dessert. Les personnes qui cuisinent précisent quant à elles le nombre de couverts disponibles et bien sûr…le délicieux menu qu’elles comptent concocter.

Ecrire que Paupiette a pour objectif de nourrir correctement les étudiants à moindre frais et de faire gagner quelques sous à des séniors serait bien trop en deçà de ce qu’est l’esprit de la startup. Car cette plateforme a pour but premier de créer un lien entre les convives, de stimuler l’échange entre les générations en présence. Nombreuses sont les personnes âgées retraitées et seules qui désirent combler leur solitude. Et nombreux sont les jeunes à avoir pris conscience de la vulnérabilité inhérente à cette solitude et qui plus est, à considérer avec nostalgie les petits plats maisons de grand-mère. La convivialité est donc le maître mot de cette démarche et le résultat est atteint au-delà de toute espérance puisqu’après Bordeaux et Quimper la startup s’est installée dans la capitale début avril.

Une réponse à un enjeu sociétal de taille

Le vieillissement de la population en France est un enjeu sociétal majeur. Il pose de nombreuses questions, quant à la démographie, à l’économie et au bien-être des citoyens. Ce basculement des générations soulève également une problématique difficile à évaluer ; celle de l’isolement des personnes âgées. Le succès grandissant de l’économie sociale et solidaire qui a ici pour corollaire l’usage avisé des nouvelles technologies, est une amorce de solution pour répondre à un besoin avant tout humain : la création de liens entre des inconnus qui ont plus à s’apporter qu’ils ne le pensaient.

La démarche de Paupiette s’inscrit dans une mouvance d’initiatives similaires (les Talents d’Alphonse, Ensemble2Générations) qui traduit une réelle motivation de la part de la nouvelle génération d’entrepreneurs à faire « bouger les lignes » et à transcender les différences d’âges (personnes âgées/ étudiants) et de conditions (étudiants sans revenus/ personnes économiquement plus stables).

Des prothèses de main fabriquées à partir de gobelets recyclés !

On peut littéralement parler d’un formidable coup de main donné par cette entreprise française de recyclage à l’ensemble des personnes atteintes d’agénésie (nées sans doigts). La société Canibal, basée à Gennevilliers (Hauts –de-Seine), a élaboré et développé une technologie inédite pour recycler les gobelets en plastique. Elle a dernièrement trouvé le moyen de rendre le produit de ce recyclage compatible avec la fabrication de prothèses de main. Explications :

Le gobelet en plastique, cet allié si encombrant

1000 milliards de déchets relatifs à la consommation de boisson dites « nomades » (à emporter avec soi) telles que les bouteilles, les cannettes et les gobelets en plastique sont jetés chaque année dans le monde. Selon la page d’accueil du site web de Canibal, 5% d’entre eux seulement seront recyclés. Le reste finira brûlé ou simplement jeté dans la nature.

Parmi ces déchets, les gobelets en plastique étaient jusque-là difficiles à transformer. Ces objets a priori anodins, alliés du quotidien, étaient réputés impossibles à recycler. La raison à cela ? Leur composition chimique élaborée à partir de polypropylène ou de polystyrène, qui les rendent compliqués à traiter. Et jusqu’à la prouesse technique réalisée par Canibal, ce sont pas moins de 30 000 tonnes de ces gobelets usagés qui s’amoncelaient sans valeur ajoutée.

Le recyclage des gobelets, une innovation Made in France

Après trois ans de recherches et de développements, Canibal a abouti à une solution totalement innovante, avec l’invention de machines à recycler les gobelets plastique. La technologie à l’origine de ces machines pionnières a été pensée, conçue et adaptée en collaboration avec l’école des Arts et Métiers Paris Tech. Elles sont fabriquées par un cluster d’entreprises hexagonales et assemblées à Dieppe (Seine-Maritime) par la succursale française de la société Toshiba. Elles collectent les déchets, les trient et transforment les gobelets plastiques en granulés appelés « caniplaque ».  Une fois compactée, les « caniplaques » sont recyclées en autant de plaques de protection des murs et des sols, de mobiliers de bureau et de rebords de piscine.

Ces machines ont été essentiellement vendues à des multinationales. Cela ne surprendra guère dans la mesure où ces dernières mettent à disposition de leurs salariés pléthore de distributeurs automatiques et autres machines à cafés. C’est donc « à la source » que la machine à recycler les gobelets est placée, afin de récolter ces ustensiles d’usage unique dont le gaspillage est malheureusement fréquent.

Le recyclage au service de la performance médicale

Dans l’Hexagone ce sont 5 milliards de gobelets en plastique qui sont jetés chaque année. Et si Canibal avait trouvé la solution ultime pour non seulement traiter ces gobelets usagés, mais également en valoriser la matière obtenue à des fins médicales ?

En effet la société a réussi à affiner le résultat du recyclage des gobelets en filaments, dont la maniabilité et le format réduit en font une matière première idéale pour les imprimantes 3D. L’avantage d’utiliser les filaments de gobelets en plastique recyclés réside dans le fait qu’ils coûtent dix fois moins cher que les résines habituellement utilisées dans ce genre de fabrication.

Ce n’est qu’une question de jours avant que Canibal ne dévoile le tout premier prototype de sa prothèse de main entièrement confectionnée à partir de « caniplaque » l’éco-matériau issu du recyclage des gobelets en plastique. Deux à trois milles pièces auront été nécessaires pour fabriquer cette prothèse d’à peine 300 grammes. C’est une imprimante 3D qui a fabriqué l’objet, sur la base de plans fournis par l’association E-nable, dont la mission est de mettre en relation les personnes ayant besoin d’une prothèse de main et les personnes en mesure d’en fabriquer une.

Les « super-seniors » repoussent les limites du vieillissement

Comment expliquer que parmi les octogénaires et les nonagénaires, certains maintiennent de bonnes capacités cérébrales lorsque d’autres développent des maladies neurodégénératives ? Une étude américaine s’est récemment penchée sur l’analyse du phénomène des « super-seniors », ces personnes âgées dont les capacités cognitives restent vives malgré le poids des années. La génétique, les conditions socio-économiques lors de l’enfance et un mode de vie actif en seraient les causes.

Les « super-seniors » : un phénomène démographique

En France, la tranche démographique des personnes âgées de plus de 80 ans est passée de 4,5% à 6% de la population en 10 ans : un constat qui fait écho au phénomène global du vieillissement de la population. Ce dernier pose des enjeux majeurs, tels que la maîtrise de la fécondité et l’allongement de la vie. Or vivre plus vieux ne rime pas forcément avec vivre mieux. Ainsi, de nos jours, 20 % des plus de 80 ans sont frappés par la maladie d’Alzheimer. Et pourtant nombreux sont les octogénaires et nonagénaires qui font mentir les statistiques en affichant une santé cérébrale surprenante : ce sont les « super-seniors »,  des personnes âgées de 80 ans et plus, en bonne santé et à l’esprit toujours vif.

Des capacités cognitives mieux préservées

Une étude parue dans le Journal of the American Medical Association (JAMA)  démontre que le cerveau de certains « super-seniors » vieillit plus lentement que celui d’autres personnes d’âge mûr. Pendant 18 mois des chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale de 24 « super-seniors » et ont comparé les résultats obtenus à ceux observés sur un groupe de 12 autres sujets d’âge et de formation comparable. Deux conclusions édifiantes sont à retenir : le cortex cérébral des « super-seniors » tend à être légèrement plus épais que celui de la moyenne des personnes âgées. Et la perte de volume du cortex cérébral des « super-seniors » est deux fois moins rapide que chez les autres sujets. Rappelons que la dégénérescence mentale liée au vieillissement est notamment à l’origine des maladies d’Alzheimer et de Parkinson. De manière générale cette dégénérescence entraîne une détérioration totale ou partielle de certaines zones cérébrales jusqu’à ce que ces dernières ne puissent plus assurer leurs fonctions. Les conséquences en sont la perte de la mémoire, la perte de la capacité de se mouvoir, et la démence.

Plusieurs éléments de réponse

Alors comment expliquer l’extraordinaire conservation cognitive des « super-seniors » ? Selon les experts médicaux il existe plusieurs éléments de réponses. Le maintien tardif de ces capacités cérébrales serait en partie dû à la génétique mais également aux conditions socio-économiques dans lesquelles l’enfance s’est déroulée. Ainsi, les enfants ayant grandi dans un environnement marqué par la pauvreté tendent à développer un cerveau plus petit. Le stress, induit par la détresse et l’angoisse, est un facteur qui agit sur le développement du cerveau. Dernière explication avancée, celle du mode de vie des « super-seniors » : une activité physique régulière, un régime alimentaire sain et des exercices quotidiens stimulant le cerveau de même qu’une vie sociale riche contribueraient à maintenir le cortex cérébral en bon état pendant plus longtemps.

Le point sur les différentes cartes pour les personnes en situation de handicap

En France, les personnes en situation de handicap ont le droit de détenir un certain nombre de cartes qui attestent de leur état et leur procurent divers avantages et droits de priorité. Les trois cartes les plus connues sont la carte de priorité, la carte d’invalidité et la carte européenne de stationnement. Or depuis le 1er janvier 2017 la carte mobilité inclusion (CMI) remplace ces trois cartes. Ces dernières continueront néanmoins d’être délivrées jusqu’au 1er juillet 2017 et demeurent valables jusqu’à leur date d’expiration ou au plus tard jusqu’au 31 décembre 2026.

Cartes de priorité, d’invalidité et de stationnement : quels usages ?

La carte de priorité donne droit à une personne en situation de handicap à un accès prioritaire aux places assises dans les transports en commun mais également dans les files d’attente des lieux publics. Elle est réservée aux personnes dont le taux d’incapacité est inférieur à 80% et pour qui la station debout est difficile. Cette carte est délivrée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) sur la base d’un dossier déposé auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du département de résidence de la personne qui en fait la demande.

La carte d’invalidité s’adresse aux personnes dont le taux d’incapacité est égal ou supérieur à 80%. Elle reprend les avantages de priorité conférés par la carte éponyme mais elle ouvre également droit à d’autres avantages. En termes de fiscalité elle permet ainsi d’obtenir un abattement sur l’Impôt sur le Revenu, la Taxe d’habitation et la Taxe foncière. Elle permet aussi une exonération éventuelle de la redevance audiovisuelle et une exonération des cotisations patronales. Par ailleurs en termes de transport moyenne ou longue distance, elle ouvre droit à des réductions auprès de la RATP, de la SNCF et d’Air France. Cette carte est délivrée par la CDAPH sur examen d’un dossier déposé auprès de la MDPH du département de résidence de la personne qui en fait la demande. A noter qu’il est possible de porter trois mentions sur la carte : « station debout pénible », « cécité » et « besoin d’accompagnement ».

La carte européenne de stationnement, reconnue dans les Etats membres de l’Union Européenne permet à son détenteur un accès facilité à la circulation et au stationnement (comme se garer gratuitement et sans limitation de durée sur toutes les places de stationnement ouvertes au public). Elle remplace depuis le 1er janvier 2011 les cartes de Grand Invalide Civil (GIC) et de Grand Invalide de Guerre (GIG). Les avantages conférés par cette carte sont étendus aux personnes qui accompagnent le détenteur de la carte dans son déplacement. Il convient d’apposer la carte contre le pare-brise afin d’être visible de l’extérieur. Là encore, elle est délivrée par la CDAPH sur examen d’un dossier déposé auprès de la MDPH du département de résidence de la personne qui en fait la demande.

Le point sur la situation depuis le 1er janvier 2017

Du fait de la complexité administrative engendrée par la fabrication et la délivrance des différentes cartes mais surtout des fraudes commises à l’encontre de l’administration, cette dernière a conçu une nouvelle carte qui se substitue aux cartes de priorité, d’invalidité et de stationnement tout en maintenant les droits qu’elles confèrent. Elle a pour nom Carte Mobilité Inclusion (CMI). La CMI se présente sous le format d’une carte de crédit, infalsifiable et bien plus sécurisée que les cartes papiers précédentes. Elle pourra être délivrée deux fois si elle comprend deux mentions et si elle doit être utilisée principalement pour le stationnement (deux exemplaires seront alors remis, l’un à laisser contre le pare-brise, l’autre à emporter avec soi). Pour obtenir une CMI il convient d’en faire la demande auprès de la MDPH du département de résidence sur dépôt d’un dossier spécifique (formulaire rempli, accompagné d’un certificat médical et d’une pièce d’identité).

 

Le sport pour lutter contre le handicap

Les bienfaits du sport, toutes pratiques confondues, sont reconnus depuis l’Antiquité. Il s’agit d’un phénomène aussi bien universel qu’intemporel qui s’adresse à tous, valides et handicapés. De fait, le sport est un outil précieux de développement pour les personnes présentant une invalidité, et cela à un triple niveau. Que ce soit sur un plan physiologique, social ou psychologique, la pratique d’un sport permet aux personnes atteintes de handicaps physiques et sensoriels mais également à celles atteintes de déficiences intellectuelles de se réaliser dans l’effort. Le tout est de trouver le sport qui soit compatible avec le handicap d’une personne donnée.

Les bienfaits physiologiques du sport

Eviter à certaines fonctions corporelles de se détériorer, lutter contre l’atrophie musculaire, lutter contre les problèmes articulatoires, développer de nouveaux réflexes… les bienfaits physiologiques du handisport sont nombreux.

Pour les personnes atteintes de handicap physique et devant se déplacer en fauteuil – ou avec des cannes –, la pratique d’un sport permet le développement musculaire des membres supérieurs. Ainsi la pratique du Basket-Ball, de l’Athlétisme ou bien encore du Cécifoot sont d’excellents moyens de développer sa musculature. Par ailleurs, la pratique d’un sport est bénéfique pour les fonctions cardio-vasculaires et cardio-pulmonaires. Cela permet d’accélérer la récupération physique et d’entretenir son endurance.

Enfin, le bénéfice physiologique de l’équitation sur les personnes atteintes de déficiences intellectuelles ou de handicap relationnel est reconnu. Elle permet, par un travail basé sur la complicité entre les chevaux et les personnes, de repousser les limites de ces dernières et d’apaiser leurs troubles.

Les bienfaits sociaux de la pratique sportive en club

La quasi-totalité des disciplines sportives se déclinent en version handisport. Ainsi, la fédération sportive des handicapés en France regroupe pas moins de 383 clubs. Ce chiffre témoigne d’un engouement non démenti pour l’exercice de la part des personnes atteintes de handicaps, mais également d’un maillage organisé et rigoureux des pratiques handisportives. Les Jeux Paralympiques 2016, retransmis à la télévision sur 100 heures de direct avec des pics d’audience à 1,8 millions de téléspectateurs, montrent bien la popularité du handisport auprès du public, handicapé ou valide. Cette visibilité médiatique contribue grandement à faire connaître les différentes situations de handicap auprès du grand public, dans un objectif d’empowerment des personnes atteintes de handicap. Sans parler de l’essentiel, à savoir les performances réalisées – et donc réalisables – par des personnes qui se dépassent dans l’effort.

Les bienfaits psychologiques de la pratique sportive

Le repli sur soi-même est l’un des dangers qui guettent une personne handicapée physique, sensorielle ou cognitive. La pratique d’un sport peut permettre une resocialisation. La communication, nécessaire à la pratique d’un sport d’équipe, est une façon de réintégrer une personne à un milieu. Par ailleurs, le partage dans l’effort constitue un renforcement cognitif positif qui peut pousser une personne à « sortir de sa coquille ». L’acquisition de nouvelles compétences, techniques et réflexes constitue une manière de développer la confiance en soi et en ses capacités. Le goût de l’effort est étroitement lié au sport, notamment en ce qu’il a d’universel. C’est sous la bannière de l’effort que les différences entre valides et handicapés se gomment. Et c’est par l’admiration suscitée par les prouesses physiques et techniques que les regards changent sur les différents handicaps.

Handicapé, et alors ? L’ouverture de la société au monde du handicap

Le 14 mars dernier, Mélanie Ségard – 21 ans – a réalisé son rêve en présentant en direct la météo sur une chaîne de télévision nationale. 5,3 millions de personnes l’ont regardée, un record d’audience pour la chaîne avec 20,7% des parts de marché. Incroyable ? Certainement pas banal en tout cas, d’autant plus que la jeune femme est atteinte du syndrome de Down. Dans l’objectif de mieux faire connaître du public ce que l’on nomme aussi la trisomie 21, Mélanie a lancé un appel sur un réseau social et la viralité a fait le reste pour le résultat que l’on sait. Un pas de plus vers l’empowerment des personnes atteintes de handicap dans une bataille de longue haleine pour changer les regards.

Une question de regard

Pour de nombreuses raisons le handicap – quel qu’il soit – tend à provoquer une réaction ambigüe de la part des valides. Culpabilité inconsciente, peur totalement irrationnelle d’être « touché » à son tour, prise de conscience des limites et de la fragilité des êtres humains… Le regard des valides sur les personnes atteintes de handicap peut être alourdi de toutes ces préconceptions. Comme une sorte de jeu de miroir par lequel on s’identifie pour mieux se distancier en fin de compte. Ce qui sort donc « du moule » interroge notre conception de la  «normalité ». Normal, différent, pas normal, fragile, pas fragile : comment faire pour casser les préjugés et parvenir à une acceptation sans préjugés ni tabous ?

Des temps qui changent

Peut-être parce que nous vivons des temps de crises – sociétale, financière, politique – la notion de vulnérabilité a pris un sens nouveau auprès du grand public. La « culture de la gagne » a été mise à rude épreuve par la réalité du monde et on a moins peur d’afficher sa fragilité car elle correspond à une époque éprouvante. Cette empathie « forcée » par la conjoncture amène à relativiser la notion de fragilité, du moins à réfléchir dessus. C’est donc un premier pas vers l’échange et la curiosité envers les personnes qui, de naissance ou suite à un accident, ont été fragilisées dans leur développement physiologique, sensoriel, intellectuel ou relationnel. Et nombreux désormais sont les films, les séries et les documentaires qui interrogent librement le rapport des personnes atteintes de handicap au monde qui est le leur – et le nôtre.

Des mesures concrètes

Le 10 mars 2017 le gouvernement français signait un contrat de développement avec les acteurs de l’inclusion professionnelle au bénéfice des travailleurs en situation de handicap. L’objectif : créer 5 000 postes en 5 ans pour les personnes atteintes de handicaps mais également moderniser les équipements professionnels et travailler au développement des compétences des salariés.

Un chantier urgent pour notre pays où on comptabilisait en 2016 21 % de personnes handicapées au chômage, contre 10 % pour la moyenne nationale.

Il est donc temps d’en finir avec les inégalités de traitement et de permettre aux personnes handicapées de pouvoir s’assumer aussi pleinement que les valides. Car, comme le dit Pierre Déalet, alias Peter Patfawl – dessinateur et auteur de BD atteint de dysplasie fémoro-patellaire bilatérale de grade quatre : « Un handicapé n’est pas un type qui attend après sa pension et qui a une place attitrée sur le parking. Non, on vit notre vie normalement et malgré la souffrance quotidienne, on travaille, on produit, on paye nos impôts tout également et on peut être totalement indépendants et autonomes ».