Un gant intelligent pour lutter contre Parkinson

« On ne peut rien faire ». Alors même que, de l’aveu des infirmières qui s’en occupaient,  les médicaments n’agissaient plus sur elle, un étudiant en médecine refuse de se résigner devant la souffrance d’une patiente âgée atteinte de la maladie de Parkinson. L’envie de lui venir en aide, et à travers elle, d’aider tous les malades de Parkinson le porte à considérer une solution mécanique et non médicamenteuse.

Les lois de la physique au service des malades

Faii Ong teste alors différents matériaux tels que des élastiques, des dispositifs hydrauliques ou même des systèmes robotisés dans l’idée de concevoir un mécanisme susceptible de stabiliser les mouvements incontrôlés.

Il opte finalement pour le gyroscope. Ce dispositif – relativement ancien – possède un axe de rotation qui conserve toujours le même sens quels que soient les changements de direction que prendra le véhicule porteur. Le véhicule porteur sera dans ce cas la main de la personne malade et l’axe de rotation tournant toujours dans le même sens, le GyroGlove.

Appliquée aux mouvements saccadés et aux tremblements induits par la maladie de Parkinson sur le système nerveux humain, la physique particulière du mouvement gyroscopique permet de stabiliser des gestes tels que porter une cuillère à la bouche ou même passer un fil dans le chas d’une aiguille.

In fine le GyroGlove permettrait de réduire jusqu’à 90% des tremblements.

Des améliorations successives mais pas encore de commercialisation

Avant de parvenir à un résultat satisfaisant en 2014, Faii Ong et ses collègues de l’Imperial College School of London ont testé de nombreux prototypes. Ong avait alors en tête une sensation bien précise de l’effet de stabilisation des mouvements auquel il souhaitait parvenir. Il le comparait au fait de plonger la main dans un liquide sirupeux très épais et de tenter de la remuer.

Après s’être constituée en société – baptisée GyroGear –, l’équipe de jeunes chercheurs a présenté son innovation dans une série de concours axés sur les biotechnologies et a remporté en 2015 la plus grosse compétition Européenne dédiée aux startups travaillant sur les nouvelles technologies. Avec sa récompense de 10 000 £, GyroGear a investi dans le développement et l’amélioration de son GyroGlove.

À ce jour, ce dernier n’est toujours pas commercialisé. Néanmoins on connaît déjà son prix qui devrait se situer entre 400 et 600 £ , soit 450 et 690€.

Les chercheurs, ingénieurs et médecins de GyroGear ont par ailleurs d’autres ambitions : le développement d’un dispositif similaire pour les autres membres du corps touchés par les tremblements (comme les jambes) mais également l’adaptation d’une version du GyroGlove pour le bénéfice des professionnels dont l’activité requiert de stabiliser le poignet ou la main (tels que les photographes, les chirurgiens ou les athlètes par exemple).

Vieillesse et addiction : un risque réel

Minoritaire mais pas marginale : la surconsommation de substances en vente libre ou sur ordonnance par les séniors entraîne un vrai danger d’addiction. Un phénomène en augmentation, qui ne trouve pour l’instant que peu d’écho auprès des professionnels de la santé.

Un impact physiologique démultiplié par l’âge

Comment l’addiction se caractérise-t-elle ? Par l’impossibilité pour le sujet de contrôler un comportement récurrent alors même qu’il est pleinement conscient des répercussions néfastes que celui-ci entraîne sur sa santé et son bien-être. Qu’il s’agisse de substances médicamenteuses délivrées sur ordonnance (antidépresseurs, myorelaxants, anxiolytiques), de produits en vente libre (tabac, alcool) ou même de jeu, l’impact physiologique de la dépendance est proportionnel à l’âge du sujet. Par ailleurs la consommation simultanée d’alcool et de médicaments pose un réel problème d’interactions préjudiciables des substances. Cela concerne notamment la classe des psychotropes (somnifères, sédatifs) au contact desquels l’alcool peut sévèrement endommager le métabolisme du foie.

Chutes, pertes de mémoire, irritabilité : des risques à mettre au compte de l’addiction

Tout comme avec l’exemple de l’alcool, les autres substances médicamenteuses peuvent entraîner, lorsqu’elles sont consommées à l’excès, des risques tels que des chutes fréquentes, une perte de poids anormale, de l’agitation et une aggravation de l’affaiblissement des fonctions intellectuelles liées à l’âge. En outre, une étude récente démontre qu’une prescription prolongée, associée à une consommation régulière d’anxiolytiques et de somnifères favoriseraient le déclenchement précoce de la maladie d’Alzheimer. Un résultat qui pourrait sensibiliser les médecins à ce phénomène et les pousser à alléger leurs ordonnances ou à revoir le maintien dans le temps de certains traitements.

L’addictologie des séniors : une absence quasi-totale de prise en charge spécialisée

Alors que, selon le Ministère de la santé, les comportements addictifs sont responsables d’environ 30% des décès prématurés en France, le phénomène de l’addiction des séniors est encore relativement méconnu. On estimait en 2000 que le nombre de personnes âgées de plus de 50 ans et souffrant d’une addiction doublerait d’ici à 2020 et cela semble être en passe de se réaliser. Pourtant, il n’existe à ce jour qu’un nombre infime de centres spécialisés dans l’addictologie des séniors. Que faire ? En cas de dépendance à l’alcool, le premier interlocuteur à solliciter est le médecin traitant qui pourra alors orienter le patient vers une consultation en addictologie. Même chose pour le tabac et les médicaments : une consultation extérieure pourra déterminer la marche à suivre vers la guérison. Il est néanmoins important que les auxiliaires de vie et le personnel soignant soient à l’affût des signes induisant un comportement d’addiction (chutes fréquentes, pertes de mémoire à répétition) afin de venir en aide à des personnes qui, parfois, ont trop honte ou trop peur pour se déclarer d’elles même .

La dépendance n’est pas une fatalité, il est simplement important de la signaler afin de permettre une prise en charge rapide et de se prémunir ainsi des répercussions dommageables pour la santé.

Après les chiens guides d’aveugles, les chiens du silence guident les sourds

Les chiens guides d’aveugles sont une solution extrêmement répandues pour favoriser l’autonomie des personnes malvoyantes ou aveugles. Mais qu’en est-il des individus atteints de surdité ? Déjà connus depuis une dizaine d’années aux États-Unis, au Canada ou encore au Royaume-Uni, les chiens écouteurs sont une précieuse aide pour les malentendants. Peu connus en France, l’association « Les chiens du silence » tente d’y remédier.

Surmonter la surdité : les « chiens du silence »

Si les formations pour chiens guides d’aveugles sont multiples en France, il n’en est pas de même pour les chiens écouteurs. En partant de ce constat, Cathy Bire et son mari se sont lancés dans la création de l’association « Les chiens du silence » en 2010. À Escondeaux, dans les Hautes-Pyrénées, les chiens écouteurs voient le jour afin de pouvoir pallier le handicap auditif des personnes sourdes et malentendantes. Les oreilles des chiens remplacent les oreilles des hommes pour leur permettre d’accéder à une meilleure autonomie au quotidien.

L’individu touché par ce handicap souhaitant bénéficier de l’un de ces accompagnateurs canins doit faire la demande auprès de l’association. Une carte d’invalidité doit être fournie ainsi que l’envoi d’un dossier rempli. Après validation de la commission d’attribution de l’association, un chien est remis gratuitement. Depuis son commencement, l’association a fourni 24 chiens.

Une formation rigoureuse

Le centre se concentre sur la formation de bergers australiens qui se démarquent par leur capacité auditive à distinguer les sons. De plus, ils possèdent un gabarit adéquat (50cm au garrot en moyenne) et sont aussi reconnus pour leur calme et leur sociabilité. Leur formation consiste d’une part à l’obéissance et d’autre part à l’indication de sons.

Lorsque que les futurs chiens du silence ne sont encore que des chiots, ils sont envoyés seize mois dans une famille d’accueil. Par la suite, ils rejoignent les locaux de l’association pour suivre leur formation de six mois. Leur leçon principale est de savoir reconnaître les sons du quotidien, au minimum 30, afin de pouvoir assister la personne dans le besoin. Ils doivent également apprendre à réagir aux ordres oraux de leur futur maître mais aussi au moins à 10 ordres de la LSF (Langue des Signes Française). Pour finir, ils sont dressés afin de supporter le stress de la foule des lieux publics.

Les chien écouteurs, des oreilles au quotidien

Une fois remis aux personnes nécessitantes, les chiens écouteurs seront un soutien auditif. Ils assisteront les sourds et les malentendants dans des situations de tous les jours en prévenant leur maître en cas de sonnerie de réveil, du téléphone, d’interphone, de pleurs ou d’appels d’un enfant ou encore d’interpellation dans la rue… Mais surtout, leur aide permet de se prémunir du danger puisqu’avec le disfonctionnement de l’ouïe, les éléments en dehors de leur champ de vision n’en sont que plus dangereux comme le klaxonne ou le freinage d’une voiture. Ces petits compagnons seront aussi un soutien moral en empêchant les individus touchés par ce handicap de se sentir isolés socialement.

Un gène permettrait le dépistage préventif de la rupture d’anévrisme cérébral

En France, 1 à 3% de la population est porteuse d’un anévrisme intracrânien touchant en particulier les femmes. Chaque année, l’accident vasculaire cérébral (AVC) et la rupture d’anévrisme cérébral causent environ 30 000 décès. Si cette anomalie peut être dépistée lorsqu’elle est située à l’abdomen, il n’en est pas de même pour la rupture d’anévrisme cérébrale asymptomatique. Toutefois, selon des chercheurs nantais un gène permettrait sa prévention.

Qu’est-ce qu’une rupture d’anévrisme ?

L’anévrisme est la malformation d’une artère qui grossit par la pression sanguine, ce qui fragilise sa paroi. Elle touche essentiellement l’aorte abdominale et certaines artères cérébrales. Le danger est que l’anomalie cérébrale présente peu de symptômes voire aucun. Les vertiges, la vision trouble, les migraines ou les pertes d’équilibre peuvent être des alertes souvent ignorées. Bien que l’obésité, le diabète, le tabagisme soient des facteurs à risque, la rupture d’anévrisme intracrânienne ne présente pas de signe avant-coureur ce qui rend son dépistage difficile. Elle est alors une bombe à retardement mortelle qui peut exploser après de longues années à cause de l’augmentation de la tension ou d’une paroi de l’artère en mauvaise état. Et si le dépistage de l’anévrisme cérébral n’était plus hypothétique ?

L’implication d’un gène dans l’anévrisme intracrânien

La découverte de chercheurs français venant de Nantes va permettre de révolutionner le dépistage et un potentiel traitement de l’anévrisme intracrânien. En effet, en collaboration avec l’INSERM et le CHU de Nantes, un groupe de chercheurs de l’institut du thorax a publié dans The American Journal of Human Genetics les résultats de leurs recherches sur le gène ANGPTL6 qui serait responsable de ces dilatations vasculaires.

L’étude s’est appliquée sur l’ADN de plusieurs personnes d’une même famille présentant un anévrisme, puis de cinq familles différentes. Dans chaque cas, l’analyse a démontré la même anomalie sur le gène ANGPTL6. Une mutation du gène semble être présente chez les individus atteints d’anévrisme cérébral. Les tests ont été étendus à d’autres patients démontrant également les mêmes anomalies dans ce gène. En conclusion, les personnes révélant cette mutation possèdent 50% en moins de protéine codée par le gène. L’hypertension est aussi analysée comme un facteur à risque dans le développement de l’anévrisme. Après sa publication, cette recherche a conduit à un dépôt de brevet concernant l’anévrisme cérébral.

Vers un dépistage futur

Si 3% de la population française est touchée, 3% pourront alors être dépistés et potentiellement sauvés grâce à cette étude. En exécutant une simple prise de sang, les médecins pourront alors rechercher une protéine spécifique dans le sang responsable de cette anomalie. La mesure de l’activité de cette protéine permettra le dépistage préventif de l’anévrisme intracrânien.

Cependant, aucune prise de sang ne certifie la malformation d’une artère cérébrale, elle indique les personnes à risque et susceptibles d’être touchées par un anévrisme. Le diagnostic final ne peut se faire que par une IRM cérébrale qui concrétisera la présence et l’évolution de l’anévrisme. Beaucoup trop coûteuse, elle sera prescrite aux patients dont la prise de sang aura détecté l’anomalie sur le gène ANGPTL6.

Handicap et patrimoine : l’Unapei sort son nouveau guide

En septembre dernier, l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) publiait son nouveau Guide sur la gestion des ressources et du patrimoine des personnes handicapées. Cet ouvrage très complet répond à toutes les questions concrètes que chacun peut se poser à ce sujet.

La gestion du patrimoine, un enjeu majeur pour les parents d’enfant handicapé

L’une des questions que se posent souvent les parents et accompagnateurs des enfants handicapés est celle-ci : qu’adviendra-t-il après leur décès ? Comment l’enfant, devenu adulte, pourra-t-il subvenir à ses besoins ? Cette préoccupation est majeure car les contraintes spécifiques au handicap mental sont réelles. Quels sont les droits des personnes handicapées en matière de protection juridique ? Quelles sont les aides et allocations auxquelles elles peuvent prétendre ? Qu’en est-il de la fiscalité ?

Bref, les questions sont nombreuses et les réponses pas toujours évidentes à trouver. Il existe cependant quelques outils destinés à bâtir une véritable stratégie patrimoniale. Vous pouvez en effet assurer des ressources à la personne handicapée via une donation ou un legs. Vous pouvez aussi lui transférer un bien grâce aux libéralités (graduelle ou résiduelle). Enfin, si la personne concernée n’est pas votre enfant, sachez que vous pouvez aussi lui léguer des biens : la quotité disponible est en effet la part de votre patrimoine que vous pouvez librement transmettre à un tiers, quel qu’il soit. Elle est calculée en fonction du nombre d’héritiers (c’est-à-dire d’enfants) que vous avez. Si vous n’avez qu’un enfant par exemple, vous devez lui léguer la moitié de votre patrimoine et vous disposez totalement de l’autre moitié. À vous de voir à qui vous la léguerez.

De la même manière, si un parent souscrit une assurance décès, une rente viagère sera versée automatiquement à la personne handicapée. Et cette rente n’a aucun impact sur les prestations telles que l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) ou encore la Prestation de compensation du handicap (PCH). Enfin, vous pouvez aussi souscrire un contrat Épargne handicap par exemple.

Handicap et gestion des ressources : les questions et réponses de l’Unapei

Vous l’aurez compris, il existe bien des solutions pour faciliter la gestion du patrimoine des personnes handicapées et s’assurer qu’elles ne manquent de rien après la mort de leurs tuteurs. Toutefois, puisque ces solutions sont nombreuses, il est parfois difficile de s’y retrouver et de savoir précisément laquelle choisir, sans jamais léser aucun des partis.

C’est là que le guide édité par l’Unapei s’avère utile ! Réalisé en partenariat avec le cabinet Jiminyconseil, il s’organise autour de 26 fiches présentées sous la forme de questions-réponses. Il aborde alors tous les cas de figure et s’adresse autant aux parents et familles qu’aux personnes handicapées elles-mêmes ou encore aux accompagnants, bénévoles et professionnels. L’idée est de fournir au lecteur tous les conseils pratiques qui le rassureront : oui, les personnes porteuses d’un handicap mental peuvent avoir accès à un patrimoine !

Faire l’expérience d’un corps de 80 ans avec le simulateur de vieillissement

Pertes auditives, problèmes lombaires, troubles osseux et glaucome : voici quelques-unes des affections subies par le corps humain dans le grand âge. Afin de sensibiliser le personnel soignant des établissements médicalisés à la perte d’autonomie engendrée par le vieillissement, des formations de choc ont été mises au point. Les personnes qui y participent sont invitées à revêtir un exosquelette simulant les effets de la perte de motricité et du vieillissement.

Une expérience de simulation du grand âge permise par la technologie

A l’exemple d’Alep Prévention, nombreuses sont les sociétés spécialisées dans les formations préventives destinées aussi bien au secteur privé qu’au secteur public, à une audience globale qu’à un public spécialisé. Ce dernier cas rassemble notamment les professionnels qui travaillent au service des personnes âgés dépendantes. Dans le but de les sensibiliser aux maladies invalidantes qui touchent leurs pensionnaires, la formation « Simulateur de vieillissement » d’Alep Prévention consiste à faire revêtir aux aidants un exosquelette qui récréé les situations de dépendance et de perte d’autonomie vécues par les séniors dépendants.

Par « exosquelette », on entend un ensemble d’appareillages qui entravent volontairement les mouvements, la vue et l’ouïe, entre autres. Les participants expérimentent le glaucome, la DMLA et la cataracte grâce au port successif de trois paires de lunettes simulant ces maladies. Ils éprouvent la perte auditive avec un casque dont le port abolit certaines fréquences sonores. Surtout, ils constatent les nombreuses difficultés motrices liées aux troubles osseux, articulaires ou lombaires par le port d’orthèses sur certains membres comme les genoux, les pieds ou encore les coudes.

L’objectif du simulateur de vieillissement : améliorer la prise en charge des séniors et lutter contre les préjugés

Après avoir eux-mêmes expérimenté les entraves subies par un corps de 80 ans, les personnels soignants devraient être mieux à même de discerner quelles activités sont, ou non, à la portée d’une personne âgée dépendante. Ils sont mieux préparés à adopter le comportement qui convient afin de communiquer avec une personne malvoyante ou malentendante. Surtout, ils peuvent adapter leurs soins afin d’aider les personnes à conserver une autonomie relative.

Par ailleurs, certains stéréotypes déplaisants à l’égard des personnes âgées ont la vie dure : elles seraient rétives à tout changement, incapables de prendre des décisions avisées et devraient être protégées d’elles-mêmes en permanence. L’expérience proposée par le simulateur de vieillissement permet une prise de recul de la part des « valides » sur les difficultés bien réelles rencontrées par les séniors dépendants dans leur quotidien. Une manière d’écarter les conséquences alarmantes qui découlent de la réception par les aînés des préjugés dont ils sont victimes : recul de la confiance en soi, dépression, voire même diminution de l’espérance de vie.

Cette expérience littéralement immersive, suscite à coup sûr l’empathie et remet en cause les préjugés éprouvés à l’encontre des aînés : n’hésitez pas à revêtir la combinaison à l’occasion !

EHPAD en France : le site logement-seniors.com fait le point

Plateforme consacrée au logement des séniors, le site logement-seniors.com a publié une infographie en mai 2017 afin de faire le point sur les EHPAD. Le constat est alarmant : face à une population française vieillissante, les places sont déjà réduites. Qu’adviendra-t-il dans un futur proche ?

Un doublement du nombre de séniors d’ici à 2040 : un challenge pour la société civile

Selon l’INSEE, les personnes âgées représentaient 21% de la population française en 2016, soit 15,7 millions de personnes. Un chiffre qui devrait doubler d’ici à 2040, puisqu’elles constitueront alors 32% de la population totale, soit 22,6 millions de personnes. Cette augmentation spectaculaire de la population des personnes âgées à moyen terme pose un certain nombre de questions sociétales. Pourraient ainsi être remises en question les approches françaises en matière de retraites et d’épargne, de traitement de la dépendance et… de logement. En effet, la question de la perte d’autonomie est étroitement liée à celle de la recherche d’un lieu de vie adapté. Et s’il existe déjà une réponse en la matière avec les 7 883 Etablissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) existant aujourd’hui en France, cette offre peut – et doit – faire l’objet d’une réévaluation au regard des changements démographiques à venir.

Les EHPAD aujourd’hui en France : une moyenne de 10 lits pour 100 personnes

La situation actuelle des EHPAD frappe tout d’abord par le décalage financier entre le coût d’un tel hébergement et le budget dont disposent les personnes âgées. Dans un EHPAD privé, le tarif d’hébergement moyen est de 1 810 €. Dans un EHPAD public, il s’élève à 1 708 €. Deux solutions qui se heurtent à la réalité budgétaire des séniors français, puisqu’une retraite mensuelle moyenne s’élève dans l’Hexagone à 1 322 €. Ce delta est pour l’instant comblé par les différentes aides (APA, APL, Aides sociales) mais pour combien de temps encore ?

Dans un second temps, l’infographie révèle le déséquilibre frappant entre l’offre et la demande. Un déséquilibre illustré par des disparités géographiques (il existe 250 EHPAD pour le seul département du Nord, contre 25 EHPAD dans le département des Hautes-Alpes) mais également par un nombre insuffisant de projets de création d’EHPAD. Or ce dernier point s’avère crucial pour l’avenir car, afin de conserver la moyenne actuelle de 10 lits pour 100 personnes, il faudrait doubler le nombre de lits d’ici à 2040.

Quelles réponses des acteurs sociaux à la pénurie de places ?

Il faut reconnaître que si la création de nouveaux EHPAD reste timorée, c’est peut-être que la complexité des cahiers des charges et la longueur des procédures d’ouvertures découragent les promoteurs. La solution de l’accueil de jour semble se dégager de la consultation des acteurs sociaux. Les EHPAD auraient alors vocation à être au cœur d’une pluralité de services de proximité qui, tout en assurant des missions connexes ou similaires aux leurs, contribueraient également à les désengorger.

Si les pouvoirs publics semblent être les mieux placés pour répondre à la crise du logement des séniors, chacun peut également prendre sa part de responsabilité face à la dépendance. A l’instar de la société japonaise par exemple, dans laquelle toutes les générations d’une même famille cohabitent souvent ensemble dans des habitats pourtant réputés exigus.

Ces associations qui sensibilisent au handicap

Le handicap, qu’il soit physique ou mental est souvent stigmatisé. Les personnes valides, faute de connaissances, ne savent pas comment agir face à une personne handicapée et peuvent même se poser de nombreuses questions. C’est pourquoi les associations comme « Action handicap France », l’APF (association des paralysés de France) ou encore LADAPT organisent des ateliers pour sensibiliser au handicap et faire évoluer les mentalités.

Des actions pour changer le regard sur le handicap dès le plus jeune âge

Pour changer les mentalités durablement, mieux vaut commencer par les plus jeunes, qui sont les adultes de demain. Et les associations l’ont bien compris ! Elles sont nombreuses à se rendre dans les écoles, collèges et lycées pour sensibiliser les enfants et adolescents au handicap. Jeux, albums, livres, DVD et CD permettent de répondre aux questions des enfants mais aussi de les habituer à cette notion de différence. Les préjugés sont alors combattus et l’insertion des enfants porteurs de handicap à l’école est plus facile.

Pour mieux comprendre ce que vit l’autre, il faut le vivre soi-même

Outre les jeux et les discours, un véritable matériel pédagogique a été développé pour faire vivre aux personnes valides les difficultés que rencontrent les handicapés. Cécité, surdité et handicap moteur rendent en effet de nombreux gestes du quotidien très complexes. Or il n’est pas toujours évident de s’en rendre compte. Comment verser de l’eau dans un verre sans en renverser, quand on ne voit pas ce qu’on fait ? Comment demander son chemin quand on n’entend pas ? Comment sortir de chez soi quand on habite au 3ème étage, que l’on est en fauteuil roulant et que l’ascenseur est en panne ?

Pour bien comprendre la difficulté de ces gestes du quotidien, il faut parfois les vivre pleinement. Les associations proposent donc cette expérience aux enfants et adultes valides. De cette manière, ils sont mieux à même d’anticiper les contraintes des personnes porteuses de handicap mais aussi de les accompagner. Il n’est en effet pas évident de guider une personne aveugle quand on voit soi-même tout ce qui nous entoure. Il faut prendre en compte tous les petits obstacles qu’une personne valide franchit machinalement (la margelle d’un trottoir, une poussette, une poutre basse…) pour mieux avertir celui qui ne les voit pas.

Des rencontres organisées pour les adultes

Ce matériel pédagogique est à la fois proposé aux enfants et aux adultes pour les sensibiliser à toutes ces contraintes qu’ils ne rencontrent pas, eux, au quotidien. Bien plus, des rencontres sont organisées pour les adultes afin de discuter avec des personnes porteuses de handicap. La force d’un témoignage est toujours marquante en effet. Entendre un aveugle témoigner de sa difficulté réelle à se déplacer en toute sécurité ou voir un sourd signer son témoignage sur sa difficulté à se faire comprendre et à communiquer au jour le jour : l’expérience est poignante et permet de réaliser combien la société n’est pas toujours adaptée au handicap.

Alimentation des seniors : les aliments à privilégier pour une bonne santé

Si on veille scrupuleusement à l’alimentation des enfants – pour leur assurer une bonne croissance –, il ne faut pas non plus négliger celle des seniors. En effet, avec l’âge les besoins nutritionnels ne diminuent pas et une malnutrition risquerait de mettre la santé des personnes âgées – déjà fragile – en péril.

La dénutrition, un enjeu majeur chez les seniors

On le sait, l’organisme des personnes âgées fonctionne moins bien (on pourrait même dire, au ralenti). Les nutriments étant moins bien utilisés par le corps, il faut veiller à lui en apporter autant qu’avant, si ce n’est plus, pour rester en forme et mieux résister aux maladies. La bonne nutrition est donc plus que jamais un enjeu vital.

À l’inverse, la malnutrition risquerait d’endommager davantage l’organisme des personnes âgées, les rendant ainsi encore plus fragiles : perte de masse musculaire, qui entrave la mobilité ; plus grande vulnérabilité aux infections,…

Or ce besoin de bien se nourrir peut s’avérer d’autant plus difficile qu’avec l’âge, on prend moins goût à la nourriture. On devient certes moins sensible à la soif ; néanmoins il faut continuer à boire de l’eau, plate ou gazeuse et suffisamment pour consommer entre 1 et 1,5 litre d’eau par jour. De même, il faut continuer à manger, quitte à épicer les plats pour faire du repas un vrai moment de plaisir.

Santé des seniors : quels aliments privilégier ?

Comme tout un chacun, mais peut-être plus encore, les seniors doivent manger équilibrer ! C’est-à-dire qu’ils doivent :

  • Manger 5 portions de fruits et légumes par jour : cuits ou crus, voire secs pour les fruits, frais, surgelés ou en conserve… Peu caloriques, ils constitueront l’apport principal en vitamines et minéraux dont ont besoin les personnes âgées ;
  • Des féculents à chaque repas ;
  • Des produits laitiers trois à quatre fois par jour pour consolider la masse osseuse ;
  • Des protéines deux fois par jour (œufs, poissons, fruits de mer, viande)…

En revanche, les matières grasses et sucres ajoutés sont à limiter !

Mais ces règles qui, au final, s’appliquent à tous ne sont pas suffisantes. Car les seniors ont des besoins spécifiques. Ainsi, pour conserver une dentition saine et des gencives fortes, il est important de privilégier les aliments tendres. Il peut être plus aisé de manger des fruits cuits, car moins durs, ou du thon en miettes par exemple.

Le tout, en variant les repas pour s’assurer un apport complet en différents nutriments et éviter la monotonie.

Les bonnes pratiques pour faire du repas un moment de bien-être

La monotonie est en effet un risque avec l’âge : le goût étant moins sensible, le repas peut devenir triste. Il est alors essentiel de faire de ce moment important un événement social. En famille ou entre amis, le repas doit être, au moins deux fois par semaine, l’occasion de s’entourer et de discuter. Cela brisera les habitudes et donnera plus de saveurs, si ce n’est aux plats, du moins au repas !

Le Prix Handi-Livres 2017 décerné à Grand Corps Malade

Le 4 décembre dernier, le jury de la 12ème édition du Prix Handi-Livres a dévoilé son palmarès. En tout, sept livres étaient primés, dont une mention spéciale décernée au slameur Grand Corps Malade pour son livre Patients, réédité cette année pour la sortie du film du même nom, qu’il a inspiré.

Une initiative culturelle reconnue depuis 2005

C’est en 2005 que la Mutuelle Intégrance crée le Prix Handi-Livres. Son objectif : encourager les auteurs souffrant d’un handicap ou dont les écrits tournent autour de ces sujets. Bien plus, il s’agit de mettre en avant, auprès du grand public, un phénomène hélas peu connu, souvent fantasmé. Le handicap s’accompagne en effet de nombreux préjugés et peu sont les « valides » à savoir réellement ce que signifie vivre avec une infirmité.

Pour ces raisons, ce prix littéraire d’un nouveau genre vise à changer le regard de la société sur le handicap. Maisons d’éditions (Actes Sud, Seuil, L’Harmattan et Gallimard) mais aussi associations (Perce-Neige, Autisme France Diffusion…) soutiennent alors ce projet porteur d’espoir.

Prix Handi-livres : des messages d’espoir avant tout

Et porteur d’espoir, il l’est ! Les livres primés ont en effet ceci en commun qu’ils parlent tous du handicap avec humour ou attachement, sans aucune sensiblerie mais toujours avec un grand réalisme. Ce monde, à part, devient alors bien réel et se départit du caractère anxiogène que lui attribuent certains. De fait, bon nombre de livres primés sont des témoignages poignants qui décrivent très précisément le combat quotidien des personnes handicapées. On peut citer, par exemple, le « coup de cœur » de l’édition 2008/2009, décerné à Mamy Cacahuète, mère de Pascal Duquenne, pour son livre sur l’évolution de son fils (porteur de trisomie) suite au tournage du film Le Huitième Jour, qui l’a rendu célèbre.

Patients, le livre de Grand Corps Malade primé en 2017

Dans ce cadre, la « Mention spéciale » attribuée à Grand Corps Malade pour son livre Patients est toute naturelle. Dans ce récit, le slameur évoque l’épisode de sa vie qui l’a rendu tétraplégique. L’histoire ? Un plongeon malheureux dans une piscine mal remplie. Le résultat : un corps à ré-apprivoiser alors que le jeune homme n’a pas vingt ans. S’il récupère progressivement l’usage de ses membres, Fabien Marsaud (c’est son vrai nom) ne récupèrera pas sa vie d’auparavant. Mais loin de lui l’idée de s’apitoyer sur son sort, bien au contraire ! Certes, le regard des autres a évolué et il doit désormais apprendre à supporter la gêne et la compassion de ceux qui le rencontrent. Néanmoins, le sameur devenu auteur ne s’attarde pas sur cette souffrance : son livre reste optimiste et se concentre sur les belles rencontres et la progression du musicien.

Quant au reste du palmarès de cette édition, il n’est pas moins époustouflant ! On ne pourrait manquer de citer Le malaise d’Hippocrate, publié à titre posthume et rédigé par une femme de 48 ans, Marie Sey, atteinte de la maladie de Charcot. Outre l’histoire elle-même, les conditions de rédaction suffisent à expliquer le prix obtenu par ce livre : les dernières pages ont été dictées, lettres après lettre, par un simple clignement de cils !

Les bienfaits des activités manuelles pour les seniors et les personnes handicapées

La personne âgée prenant soin de son jardin constitue désormais une image d’Épinal. Si certains y voient même une caricature, il faut néanmoins rappeler que les bienfaits de telles activités sont réels pour les seniors. Ils le sont même pour les personnes souffrant de handicap, quel qu’il soit.

Les activités créatives développent les capacités cérébrales…

Quand on pratique un loisir créatif, il faut une bonne capacité de concentration et d’imagination. Peinture, couture, tricot, sculpture, collage sur bois, cuisine… Tous ces loisirs nécessitent une grande attention pour parvenir au résultat escompté. Ainsi, de nombreuses activités développent la coordination entre la vision et les gestes, capacité rendue difficile par l’âge ou par certains handicaps. Or, parce qu’ils ont un aspect ludique, ces loisirs rendent l’effort plus facile.

Bien plus, parce qu’elles stimulent le corps et le cerveau, les activités créatives préviennent la perte d’autonomie. Elles demandent ainsi aux seniors et aux personnes handicapées qui les pratiquent une grande patience. Enfin, le fait d’apprendre toujours plus de choses est, bien entendu, extrêmement bénéfique pour le cerveau et contribue à ralentir les effets de certaines maladies liées à l’âge.

… et augmentent l’estime de soi de ceux qui les pratiquent

La satisfaction que procure le résultat d’une activité manuelle est sans pareille ! Rien de tel en effet que de contempler un beau gâteau que l’on vient de cuisiner (à part le déguster, peut-être), une aquarelle en train de sécher ou encore une sculpture que l’on vient tout juste de finir de modeler. Le sentiment que l’on ressent alors s’apparente à du pur bien-être. Les activités manuelles sont donc bénéfiques aux personnes âgées et/ou handicapées dans ce sens.

Elles le sont d’autant plus que bon nombre de ces loisirs peuvent se pratiquer à plusieurs. Se crée dans ce cas un vrai lien social qui augmente l’estime de soi des participants. Souvent en effet les membres du groupe s’encouragent les uns les autres et se complimentent ou s’entre-aident, apportant à chacun un grand réconfort.

Enfin, les loisirs créatifs donnent à tous un vrai sentiment d’être utile, sentiment indispensable au bien-être.

Quelles activités proposer à des personnes âgées ou des handicapés?

Étonnamment peut-être, nombreuses sont les activités manuelles que l’on peut proposer à des personnes âgées ou handicapées. La seule chose à faire consiste à adapter le matériel aux difficultés de chacun. La broderie par exemple peut sembler très complexe – voire faire peur – à toute personne dont la vue a baissé ou dont les doigts et les poignets sont marqués par l’arthrose. Heureusement, certains motifs sont adaptés : grossis, ils se brodent avec des aiguilles à gros diamètre et permettent à tous de les réaliser.

Certaines activités en revanche ne nécessiteront aucune adaptation. C’est le cas de la cuisine par exemple ou du tricot et du crochet. Ces loisirs demandent certes de la précision mais sont plus facilement accessibles car les outils utilisés pour les réaliser sont plus maniables.

 

Un baromètre permet d’évaluer le bien-être des seniors

Les populations mondiales connaissent un important vieillissement. Le nombre de personnes âgées s’accroît d’année en année alors que les naissances diminuent. Un baromètre « d’indice mondial de vieillissement » a été développé par des chercheurs américains afin que les pays puissent s’adapter socialement et économiquement à cette évolution démographique mondiale.

La part des séniors augmente dans le monde

Un boom de l’espérance de vie est perceptible grâce aux avancées et aux améliorations du domaine médical. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la population mondiale des individus de 60 ans et plus va presque doubler. L’augmentation déjà perceptible de 12% en 2015 serait estimée à 22% en 2050. Près de deux milliards de personnes âgées seraient comptabilisées d’ici 2020 dans le monde. Les pays sont dans l’obligation de prendre en considération cette mutation démographique et d’ajuster leurs systèmes de santé et socio-économiques. Le chercheur John Rowe de l’Université de Columbia et son équipe ont créé un « indice mondial de vieillissement », un baromètre qui permet d’évaluer l’aptitude des pays à se préparer face à cet enjeu pour le bien-être de leurs séniors.

Une analyse du vieillissement mondial

Ces chercheurs américains ont pour but d’améliorer le bien-être et la santé des séniors en observant l’adaptation des pays à ce phénomène planétaire. Ce baromètre se base sur cinq indicateurs sociaux et économiques qui seront suivis au fil des années et comparés entre différents pays sélectionnés. On distingue la productivité en lien avec le marché du travail, l’état de santé proportionnel au bien-être, l’équité économique, la cohésion sociale et la sécurité.

L’analyse est appliquée à 18 pays hormis la France. Le baromètre attribue à la Norvège la première place, déjà en tête pour le World Hapiness Report 2017. Il serait bon d’y vieillir tout comme en Suède qui se tient à la seconde place. Étonnement les États-Unis arrivent à la troisième position puisqu’ils intègrent les personnes âgées dans le monde de l’emploi et leur assurent une sécurité financière. Cependant, le résultat du classement s’effectue selon une moyenne globale. En fonction des domaines, les pays sont plus ou moins bien classés. En effet, les États-Unis ne sont qu’à la 16ème position pour la distribution des richesses. D’après un baromètre créé par l’ONU en 2015, il est tout de même possible d’estimer l’emplacement de la France puisqu’elle apparaît à la 16ème position sur 96 pays répertoriés.

Le vieillissement : un défi constant

L’augmentation de la vieillesse dans les sociétés ne peut être évitée, il faut donc parvenir à s’adapter rapidement. D’après John Rowe, cette évolution doit être perçue comme un défi et pousser les sociétés à s’y acclimater et non que les séniors tentent de s’y cadrer. D’après l’OMS, tous les pays doivent mettre en place une politique efficace pour maintenir les personnes âgées dans un environnement sociétal favorable tout en leur confèrent des aides pour sauvegarder leur santé. Le but est d’éviter à tout prix les tensions intergénérationnelles et la perte d’autonomie physique et mentale qui se répercuteraient sur les sociétés. Avec les États membres, l’OMS anticipe un plan d’action mondial sur « le vieillissement et la santé ».

Jeunes retraités : comment souscrire à une complémentaire santé adaptée

Le départ à la retraite est synonyme de temps pour soi, de loisirs et de réunions familiales. C’est également le moment d’assurer vos dépenses de santé. Découvrez quelques conseils afin de faire les bons choix pour la souscription de votre complémentaire santé.

La complémentaire santé pour les jeunes retraités : un choix délicat

Lorsqu’arrive le moment de la retraite, les dépenses de santé sont susceptibles d’augmenter. En effet les bilans divers, les dépistages variés et les équipements en prothèses et en appareillages se font de plus en plus fréquents à mesure qu’approche l’âge mur. L’objectif recherché est alors naturellement d’obtenir une couverture suffisamment large, pour un coût raisonnable. Or, cette quête illustre le paradoxe auquel se trouvent confrontés les jeunes retraités : d’une part le coût des dépenses santé augmente, alors que d’autre part le pouvoir d’achat est généralement amoindri. Ainsi, à titre d’illustration, les frais de santé atteignent en moyenne 6 000 € annuel pour les Français de plus de 65 ans. Dès lors, comment faire lorsqu’on bénéficie d’une petite retraite ?

Complémentaire santé : les garanties indispensables et les autres

Choisir parmi la multitude d’offres proposées sur le marché, c’est avant tout comparer les garanties incluses.

Parmi les garanties indispensables, assurez-vous d’être bien couvert par votre mutuelle sur l’hospitalisation et les équipements en prothèses diverses. En effet, le coût d’une hospitalisation peut vite être augmenté par les dépassements d’honoraires ainsi que par les frais de confort (chambre individuelle). Par ailleurs, la prise en charge par l’assurance maladie des équipements optiques, des prothèses dentaires et auditives est infime.

Au nombre des garanties avantageuses mais moins prioritaires, figurent la chirurgie réfractive des yeux, les médecines non conventionnelles (qi gong, balnéothérapie) ou bien encore l’hospitalisation à domicile.

Complémentaire santé et loi Évin : est-ce un bon choix ?

Depuis la loi Évin de 1989, les salariés pour lesquels l’entreprise a souscrit à un contrat santé collectif peuvent demander à en bénéficier à titre individuel, à leur départ en retraite. Les jeunes retraités pourront donc conserver les mêmes garanties dont ils bénéficiaient en tant que salariés, à la condition qu’ils en fassent la demande à l’assureur de la société au moins six mois avant la fin de leur contrat.

Si cette possibilité semble être un avantage, il convient de tempérer le propos : en effet, sachez que l’employeur ne paiera plus sa part des cotisations (à hauteur de 50% minimum). Par ailleurs, l’assureur est en droit d’augmenter le coût des cotisations initiales de 50%, ce qu’il ne se prive en général pas de faire. Ainsi, il est fort probable que le coût de cette mutuelle soit multiplié par trois pour les jeunes retraités. De quoi faire réfléchir à des solutions alternatives.

L’assurance collaborative : une alternative à la complémentaire santé

L’assurance collaborative prend ici la forme d’un fonds commun de protection, financé par les primes d’assurance d’une centaine de personnes (au maximum) et dont 80% des ressources iront en garantie du règlement de sinistres mineurs au sein du groupe d’assurés. Les 20% restants seront affectés à la souscription d’une assurance classique, qui couvrira les sinistres majeurs au cas où le fonds serait vidé de ses ressources prématurément. En s’appuyant sur la répartition du nombre d’assurés en groupes restreints et en gageant que cela réduise le caractère accidentogène de chacun d’eux, l’assurance collaborative permet aux assurés de récupérer une partie de leurs cotisations sous réserve que peu de sinistres soient survenus au cours de l’année.

L’assurance collaborative est une alternative qui permet aux jeunes retraités d’être couverts au juste prix, voire même de récupérer une partie de leurs primes. Ils ont la possibilité de suivre leurs dépenses en temps réel et de savoir à quoi sont affectées leurs cotisations : la traçabilité des ressources est donc assurée.

L’allocation aux adultes handicapés enfin revalorisée

L’allocation aux adultes handicapés est versée depuis 1975 aux adultes atteints d’un handicap ou, plus largement, d’une maladie chronique invalidante. Dernièrement, le gouvernement a annoncé la revalorisation de cette aide financière pour 2018.

Qu’est-ce que l’allocation adulte handicapé ou AAH ?

Créée assez récemment, « l’AAH est une aide financière qui permet d’assurer un minimum de ressources » peut-on lire sur le site www.service-public.fr. Elle est donc envisagée comme un complément de ressources plus que comme une compensation réelle de la difficulté à percevoir des revenus réguliers lorsqu’on est touché par un handicap.

Cette aide (versée mensuellement) est attribuée sous certaines conditions :

  • De ressources : une personne seule sans enfants doit toucher maximum 9 730,68€ par an, en 2017 ;
  • D’incapacité : le taux d’incapacité évalue l’impact du handicap sur la vie de la personne. Pour bénéficier de l’AAH, il doit être supérieur ou égal à 80%. Il est possible toutefois de percevoir cette allocation si le taux d’incapacité est compris entre 50 et 79% à condition que l’incapacité soit « durable » (c’est-à-dire supérieure à un an) et « substantielle » (c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être compensée par un aménagement de poste par exemple) ;
  • D’âge : l’adulte doit être âgé de plus de 20 ans, ou plus de 16 s’il n’est plus à la charge de ses parents ;
  • De résidence : les Français souhaitant percevoir l’AAH doivent résider en France de manière permanente.

Aujourd’hui, plus d’1 million de personnes bénéficient de l’AAH et son montant maximal s’élève à 810,89€ par mois. Des données qui devraient bientôt changer.

Quelles sont les conséquences de la revalorisation de l’AAH pour ceux qui en bénéficient ?

Le gouvernement a annoncé sa volonté de revaloriser l’AAH. Cette mesure s’appliquera en deux temps :

  1. Novembre 2018 : une première augmentation de 50€ est prévue ;
  2. Novembre 2019 : son montant sera augmenté de 40€.

Au total, le montant maximum devrait donc atteindre 900€ au 1er novembre 2019. De plus, 34 000 nouveaux allocataires devraient percevoir cette aide qui peut être cumulée avec le complément de ressources ou la majoration pour la vie autonome. Une bonne nouvelle donc.

Toutefois, cette hausse ne bénéficiera pas à tous car les titulaires de l’AAH qui sont en couple ne verront pas leur pouvoir d’achat revalorisé à la même mesure que les autres adultes handicapés. Jusque-là en effet, les conditions de revenu du conjoint de l’allocataire étaient moins contraignantes pour l’AAH que pour le RSA par exemple. En effet, un couple sans enfant devait percevoir des revenus annuels de 19 461,36€ maximum par an pour toucher l’AAH, soit 1 621,78€ par mois. A titre de comparaison, un couple sans enfant doit toucher maximum 1 816€ par mois pour percevoir le RSA. Or les conditions d’attribution de l’AAH vont désormais se rapprocher de celle des autres minima sociaux.

Autre aspect qui relativise cette mesure : de nombreux bénéficiaires militent pour que l’allocation soit au moins égale au seuil de pauvreté, soit 1 008€ en France.

Quels sont les exercices physiques dédiés aux personnes âgées?

Le sport n’est pas une pratique réservée à la jeunesse. Les personnes âgées peuvent s’adonner à une activité physique, appelée « gymnastique douce », utile dans un âge avancé pour préserver sa condition physique, sa santé, son indépendance mais aussi véritable thérapie gestuelle. Le corps est rétabli tout comme l’esprit !

La gym douce : un bienfait physique

La gymnastique douce permet aux séniors la pratique d’une activité physique qui leur est adaptée. Le vieillissement s’accompagne de troubles musculaires et articulaires, d’une perte d’équilibre, d’une fatigue importante et parfois d’une prise de poids. Si des précautions sont à prendre avant de pouvoir exercer un sport quel qu’il soit, la pratique régulière d’exercices physiques et respiratoires permet une préservation de sa condition physique, de sa santé mais aussi de maintenir une certaine autonomie.

Elle agit comme une véritable thérapie gestuelle fondée sur une stimulation cardio-respiratoire, des muscles et des articulations toujours en respectant la capacité physique de chacun. Le sport permettrait de ralentir la progression de certaines pathologies (hypertension, diabète, ostéoporose, cardio-vasculaire, cholestérol…), il diminuerait l’obésité, les risques de chute, le stress et entretiendrait la mobilité, la tonicité musculaire, la densité osseuse et la mémoire.

De plus, ces exercices favoriseraient un allongement de l’espérance de vie. D’après une étude de l’European Society of Cardiology menée sur 123 500 séniors pratiquant 15min d’activité physique par jour, le taux de mortalité se réduirait de 22%.

Un bien-être mental

Plus qu’ un maintien du corps et de la santé, la gymnastique douce est aussi une source de bien-être mental. Si une personne âgée retrouve un bien-être corporel, une motricité et une autonomie dans son quotidien grâce au sport, elle se sentira alors rassurée et retrouvera confiance quant à ses capacités. Le soulagement physique joue sur un soulagement mental. Les exercices aident à comprendre son corps pour mieux savoir le maîtriser et moins le redouter. L’idée de ne plus avoir d’emprise sur soi, du fait du vieillissement, s’élimine pour une nouvelle indépendance.

Mais le sport comme thérapie vient surtout d’une socialisation de ces séniors grâce à des activités physiques qui se pratiquent généralement en groupe. Lors de ces séances, les rencontres et les échanges sont donc favorisés permettant de combler une solitude tant redoutée des personnes âgées.

Séniors : quels sports pratiquer ?

Si pratiquer un sport est recommandé, tous les sports ne sont cependant pas tous praticables par des personnes âgées. Voici les sports les plus conseillés et les plus efficaces.

  • Les activités en plein air : golf, tir à l’arc, vélo, marche et marche nordique ;
  • Le Yoga : harmonisation du corps et de l’esprit ;
  • Le Tai Chi Chuan : art martial pour maintenir l’équilibre et sa souplesse ;
  • Le Qi Gong : gymnastique chinoise sur l’énergie vitale ;
  • Le Pilate : gym douce au sol ;
  • L’Aquagym : gym dans l’eau diminuant le poids du corps pour plus de facilité.

Ces sports apportent un bienfait physique et mental différent. Combiner deux sports par semaine est une solution pour un effet complet sur le corps et l’esprit.

Cette famille : une plateforme pour recevoir des seniors chez soi

Pour les créateurs de cette plateforme en ligne, la solidarité intergénérationnelle n’est pas un concept abstrait mais bien une réalité tangible. Des hôtes soigneusement sélectionnés garantissent un accueil au cœur duquel la bienveillance et l’affection sont essentiels. Explications :

Accueil familial et solidarité intergénérationnelle

CetteFamille est une plateforme en ligne dont l’objectif est d’offrir aux personnes âgées une alternative d’accueil aux maisons de retraite. Ces dernières sont en effet régulièrement surchargées, les places y sont (littéralement) chères et la satisfaction des pensionnaires pas forcément toujours au rendez-vous. CetteFamille fait donc le lien entre des personnes âgées en demande d’hébergement et des familles d’accueil qui, sur la base d’une rémunération, les reçoivent chez elles de façon temporaire (quelques semaines, plusieurs mois) ou permanente. Le coût pour le pensionnaire est moindre que celui d’une maison de retraite médicalisée : de l’ordre de 1 500 à 2 000 euros par mois, sachant que l’accueil familial bénéficie des mêmes aides que l’accueil en maison de retraite (APA, APL, Aide sociale et réduction d’impôt).

Quel profil pour les hôtes sélectionnés par CetteFamille ?

Les personnes qui accueillent sont des professionnels aguerris aux soins médicaux (aides-soignants en retraite ou anciens auxiliaires de vie, infirmiers), qui apprécient de prendre soin des personnes âgées. Selon Agathe Pommery, qui est à l’origine de la plateforme, il s’agit souvent de « femmes d’une cinquantaine d’années dont les enfants sont partis et dont le mari travaille encore ». L’accueil d’une personne « leur permet de travailler tout en restant à la maison » : une solution qui remplit donc les besoins aussi bien des pensionnaires que des hôtes. Sur la base d’un contrat de gré à gré signé entre le pensionnaire et son hôte, les services pourvus par l’accueillant incluent notamment la préparation des repas, la blanchisserie, le ménage, un peu de secrétariat administratif ou bien encore l’organisation de divertissements adaptés à l’état de santé des personnes.

La qualité de la relation humaine placée au cœur de l’accueil

Lancé en juin 2016, CetteFamille est le projet d’Agathe Pommery et de Paul Alexis. Après avoir constaté qu’il existait des familles d’accueil pour personnes âgées ou handicapées sur le site Le Bon Coin, Agathe a pris la décision de créer une solution entièrement dédiée à cette nouvelle forme de solidarité. Certes, les familles sont rémunérées pour ce service rendu mais CetteFamille insiste sur la qualité de la relation humaine qui se développera entre la famille d’accueil et le pensionnaire. Les interactions et l’affection sont les valeurs humaines placées au cœur de ce projet. Du reste, l’atout différenciant de CetteFamille est l’accent mis sur la sélection des familles et sur l’accompagnement pendant la transition entre l’ancien et le nouveau lieu d’hébergement. Le niveau de confort  est également un point d’importance, quel que soit l’état de santé de la personne accueillie. CetteFamille évalue avant toute chose la situation de santé et de dépendance de la personne âgée afin de déterminer où la placer en fonction de l’architecture de la maison (est-elle de plain-pied ou possède-t-elle des étages ? La personne aura-t-elle une salle de bain indépendante ou non ?). Quoi qu’il en soit la personne accueillie sera toujours installée dans une ambiance agréable et dans des conditions de bien-être optimales : exactement comme un membre de la famille à part entière.

Un exosquelette pour empêcher les personnes fragiles de tomber

Chez les personnes âgées de plus de 65 ans, les chutes représentent la première cause de décès accidentel. Un constat qui ne serait bientôt plus d’actualité grâce à un prototype d’exosquelette capable de prévenir les chutes et de rétablir l’équilibre.

Une équipe de scientifiques met au point un exosquelette capable de détecter les chutes

Une équipe de scientifiques et d’ingénieurs de la Scuola Sant’Anna et de l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) a mis au point un prototype d’exosquelette à détection de mouvements, capable de compenser en temps réel les effets d’un déséquilibre et de restaurer la stabilité de l’utilisateur. Par quel moyen ? En générant des contre-mesures au niveau des hanches, qui remettent l’utilisateur sur le « droit chemin ». Spécifiquement conçu pour les personnes âgées, ce prototype est particulièrement innovant. Cette innovation à la portée médicale incontestable est la seconde réalisation médiatisée à inscrire au crédit du professeur Micera et de son équipe, puisqu’ils ont déjà mis au point en 2014 une main bionique capable de retransmettre le sens du toucher à un homme amputé de la main.

L’exosquelette : une technologie biomécanique inspirée… des invertébrés

Depuis qu’ils sont apparus pour la première fois dans l’imagination enfiévrée des auteurs de science-fiction des années 50, les exosquelettes ont fait du chemin. Ces équipements biomécaniques désormais très perfectionnés consistent à apposer sur le corps humain une structure mécanique qui vient en renfort du corps. Le but ? Corriger ses défaillances et améliorer ses performances. Ce dernier point intéresse d’ailleurs particulièrement les armées, qui y voient le moyen d’assister leurs soldats dans l’effort fourni sur le terrain et de décupler leurs forces. Véritable incarnation du transhumanisme, l’exosquelette est pourtant directement inspiré des invertébrés : ils sont en effet nombreux – des crustacés aux mollusques, en passant par les insectes – à porter leur squelette « à l’extérieur ». Ainsi munis de leur épaisse carapace, leurs organes les plus fragiles sont contenus et protégés des chocs et des dangers extérieurs.

L’exosquelette à usage médical, une aide précieuse à l’autonomie des personnes fragilisées

La plupart des exosquelettes à usage médical sont encore à l’état de prototypes. Leurs performances n’en sont pas moins épatantes : ultralégers, munis de capteurs en mesure de lire les impulsions électriques nerveuses, ils enveloppent le corps sans l’alourdir. De quoi soulever de nombreux espoirs quant à leur usage en faveur de personnes handicapées ou à l’autonomie réduite. Un projet d’exosquelette robotisé ambitionne d’ailleurs de permettre aux personnes tétraplégiques de remarcher par la seule force de la pensée : un implant situé à l’arrière de la tête jouerait le rôle d’une interface entre le cerveau et la machine et permettrait de déclencher les mouvements des membres. Néanmoins, comme pour l’exosquelette des scientifiques de la Scuola Sant’Anna et de l’EPFL, le projet n’en est qu’à ses balbutiements : l’annonce spectaculaire est donc à prendre avec prudence.

La technologie de l’exosquelette est également exploitée à des fins collaboratives : les « cobots » se préparent à investir le monde professionnel pour soulager les hommes dans la pénibilité de certaines tâches.

L’évolution des prothèses : vers une meilleure prise en compte du handicap ?

Interne ou externe, la prothèse vise à se substituer à un organe ou à un membre du corps amputé ou manquant. Contrairement aux orthèses (béquilles, cannes, déambulateurs…), elle ne corrige pas une fonction déficiente mais la remplace bel et bien. Depuis son apparition, elle n’a cessé d’être améliorée pour répondre de mieux en mieux aux besoins des personnes handicapées.

Les prothèses, une histoire vieille comme le monde… ou presque

Les prothèses, ces dispositifs visant à remplacer une partie du corps afin d’en assurer la fonction, n’ont rien de nouveau. Le moins que l’on puisse dire, même, c’est qu’elles ne datent pas d’hier ! En effet, les premières que l’on a retrouvées remontent à l’Antiquité. Une momie égyptienne, morte il y a près de 3 000 ans, porte ainsi une prothèse en bois en remplacement d’un orteil. Et on sait que les Grecs et les Romains en fabriquaient eux aussi.

Les premiers modèles étaient très lourds et difficiles à manier et ce n’est qu’à partir du Moyen Âge et de la Renaissance que les chercheurs ont développé des techniques plus confortables. Ambroise Paré est ainsi connu pour sa contribution en la matière.

Du bois à la fibre de carbone, vers l’amélioration des prothèses

Suite aux guerres du XXème siècle, le nombre de mutilés et d’amputés a augmenté et, avec lui, le nombre de prothèses. Dans ce contexte, on a pu noter de grands progrès dans le domaine prothétique. Des améliorations en termes de confort mais aussi de fonctionnalités ont ainsi vu le jour. Le bois et le fer ont ainsi été remplacés par la fibre de carbone, rendant l’appareillage plus léger.

En parallèle, ont été inventés des systèmes d’articulations notamment comme le genou hydraulique, rendant le mouvement plus naturel. L’idée est donc de supprimer totalement la gêne entraînée par le handicap. De fait, avec l’apparition des prothèses intelligentes, les fonctions organiques sont de mieux en mieux assurées par l’appareil et la frontière entre l’humain et l’artificiel tend à être abolie.

Les prothèses bioniques et l’homme amélioré : la fin du handicap ?

Les progrès technologiques et numériques ainsi que la recherche neurologique permettent également une amélioration dans le domaine prothétique. Ainsi, il est de plus en plus possible de contrôler les prothèses par la pensée, grâce à l’ajout d’électrodes et la connexion à un ordinateur. Ainsi, récemment, un homme tétraplégique a pu utiliser à nouveau ses bras et mains.

Peut-on pour autant espérer la fin du handicap ? Il est encore trop tôt pour se prononcer. Néanmoins, on remarque une autre tendance, conséquente de ces améliorations : l’homme est de plus en plus « augmenté » et il est possible que les prothèses finissent, à terme, par remplacer des membres qui ne souffraient, initialement, d’aucun handicap, poussant ainsi l’homme au maximum de ses capacités.

 

Apprendre une langue étrangère est bon pour lutter contre Alzheimer

Une étude publiée récemment par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie dans le Journal of Neurolinguistics confirme ce que d’autres études plus anciennes avaient déjà pressenti : apprendre et pratiquer une langue étrangère auraient une incidence favorable sur la santé du cerveau humain. Un impact tellement positif, qu’il pourrait même retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Des cours de chinois pour mettre en évidence la neuroplasticité

Qu’entend-t-on par neuroplasticité ? Il s’agit de la capacité du cerveau à se modifier et à se réorganiser afin de traiter des informations nouvellement acquises. Le cerveau va jusqu’à créer de nouveaux réseaux neuronaux et à les interconnecter : à l’instar d’un muscle, il grossit et grandit par l’absorption d’énergie (en l’occurrence des connaissances nouvelles).

Comment les chercheurs ont-ils fait le lien entre neuroplasticité et apprentissage des langues ? En observant les progrès de 39 sujets d’études, anglophones de naissance et soumis à un apprentissage rudimentaire du chinois sur une période de six semaines. Avant et après chaque cours dispensé, des examens IRM ont été réalisés sur chacun des participants afin d’établir une cartographie neuronale de l’apprentissage. Résultat : le cerveau des étudiants les plus efficients s’est avéré avoir développé des réseaux neuronaux tout neufs. Par ailleurs, les réseaux neuronaux de ces étudiants étaient mieux interconnectés que ceux de leurs camarades présentant des difficultés d’apprentissage.

Les mécanismes de l’apprentissage et l’acquisition de connaissances nouvelles se traduisent donc par le développement de nouveaux réseaux neuronaux et par le renforcement des connexions établies entre ces neurones.

La mémoire, au centre de l’apprentissage des langues

Du point de vue cérébral, deux aires jouent un rôle prépondérant dans l’apprentissage d’une langue étrangère : l’aire de Wernicke, qui favorise l’apprentissage et l’aire de Broca qui permet l’expression orale de cet apprentissage.

La mémoire qui permet au cerveau d’assimiler l’apprentissage d’une nouvelle langue est qualifiée de mémoire sémantique. C’est elle qui constitue le répertoire lexical dans l’aire de Wernicke, répertoire qui permet au cerveau de reconnaître des mots même s’ils sont articulés avec un accent inhabituel ou si leur prononciation est inexacte. Le répertoire lexical situé dans l’aire de Wernicke peut être complété de nouveaux mots et ce, de manière illimitée, à condition d’être régulièrement sollicité et exploité.

Apprendre et pratiquer une langue étrangère afin de retarder la neuro-dégénérescence

Une étude canadienne de 2007 avait déjà révélé le lien entre la pratique d’une langue étrangère et le ralentissement de la dégénérescence cérébrale. L’étude avait suivi l’évolution de la maladie d’Alzheimer chez 148 patients d’une clinique de Toronto. Bien que située dans une province anglophone, la ville est réputée pour son bilinguisme avec plus de 10% d’habitants francophones. L’étude avait démontré que chez les patients ayant pratiqué deux langues couramment toute leur vie durant, la maladie avait mis quatre ans à se déclarer contre quelques mois chez les autres.

A la façon d’un cercle vertueux, plus l’être humain apprend et pratique une langue, plus il entretient sa santé cérébrale, retardant ainsi la maladie d’Alzheimer.

Qu’est-ce que la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement?

Selon les projections de population pour la France métropolitaine à l’horizon 2050 (INSEE), un habitant sur trois sera âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005. De quoi justifier l’adoption d’une loi pour ajuster la société à une population vieillissante.

Promulguée le 28 décembre 2015 et mise en œuvre dès septembre 2016, la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (dite loi ASV) repose sur trois piliers fondamentaux.

Anticiper la perte d’autonomie des personnes âgées

A l’heure où 57% des Français craignent de perdre leur autonomie en vieillissant, la loi ASV prévoit d’organiser dans chaque département une « conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie » rassemblant les différentes institutions concernées par le phénomène de la dépendance : les caisses de retraite, l’agence nationale de l’habitat (ANAH) et les organismes régis par le code de la Mutualité. Le but de ces conférences est de faciliter le financement des actions publiques de prévention et de lutte contre l’isolement. Surtout, la loi réforme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), une subvention destinée à financer les dépenses nécessaires au maintien à domicile des personnes âgées. Ainsi les paliers de la grille AGGIR, qui permettent d’évaluer le degré de dépendance du demandeur d’une APA, sont revalorisés et la contribution financière des bénéficiaires est amoindrie.

Adapter la société dans son ensemble au vieillissement de la population

Cela passe, d’un côté, par la reconnaissance du statut de proche aidant et, d’autre part, par une réaffirmation des droits et libertés des personnes âgées. Concrètement, la loi reconnaît pleinement le statut de proche aidant aux conjoints, partenaires pacsés, parents ou alliés d’une personne âgée dépendante. Dès lors, cet aidant peut bénéficier d’un congé de trois mois renouvelables (qu’il peut fractionner ou aménager en temps partiel) si sa présence est indispensable au maintien dans son domicile de la personne bénéficiant de l’APA. Par ailleurs, le proche aidant peut profiter d’un droit au répit : il s’agit de l’allocation d’une somme (pouvant atteindre jusqu’à 500€) permettant de placer temporairement la personne aidée en établissement spécialisé ou de faire appel à un relais à domicile afin de prendre du repos et de se dégager du temps pour soi. Quant à la réaffirmation des droits et libertés, la loi consacre la désignation d’une personne de confiance afin d’assister les personnes âgées dans la compréhension de leurs droits lorsqu’elles s’établissent dans des établissements médico-sociaux. Dans cet esprit de protection, la loi verrouille encore davantage la procédure d’acceptation du contrat de séjour en hébergement médico-social. Enfin elle met en place un mandat de protection future, permettant de désigner à l’avance une personne de confiance en cas de perte d’autonomie ou de sénilité aggravée.

Accompagner les personnes en perte d’autonomie

Il n’est pas rare qu’une personne en perte d’autonomie intègre un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La loi contraint ces établissements – qu’ils soient privés ou publics – à afficher clairement les prix pratiqués pour un socle de prestations minimales comprenant l’administration générale, l’accueil hôtelier, la restauration, le blanchissage et l’animation de la vie sociale. Les EHPAD ont par ailleurs l’obligation de faire mention des tarifs dépendance fixés par les conseils départementaux. Le non-respect de ces obligations est passible de sanctions.

Pour finir sachez que l’accompagnement des personnes dépendantes est financé par un effort collectif via la contribution de solidarité pour l’autonomie (CASA) prélevée à hauteur de 0,3% sur les revenus (bruts) des retraites, pensions d’invalidité et allocation de préretraites.

Sources

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1280826

http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/choisir-un-hebergement/vivre-dans-un-etablissement-medicalise/comprendre-sa-facture-en-ehpad

http://www.previssima.fr/dossier/les-5-mesures-phares-de-la-loi-sur-le-vieillissement.html

http://www.gouvernement.fr/action/l-adaptation-de-la-societe-au-vieillissement